"On peut plus rien faire !" : à Anvers, l'instauration d'un couvre-feu contre le coronavirus fatigue les habitants et fait fuir les touristes

Couvre-feu, port du masque obligatoire dans l'espace public, télétravail obligatoire lorsqu'il est possible... La ville d’Anvers, en Belgique, met en place des mesures draconiennes et va plus loin que celles annoncées lundi au niveau fédéral.

Article rédigé par
Angélique Bouin - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des passants portant des masques marchent dans les rues. (JOHN THYS / AFP)

Perché sur une roue de vélo, un artiste de rue fait son numéro sans vraiment y croire. Sur la grande artère piétonne d'Anvers, d’ordinaire bouillonnante, la distance d'1,50 mètre pour se croiser n’est plus un problème.

La grande ville portuaire commerçante du nord de la Belgique concentre près de la moitié des nouveau cas nationaux de Covid-19. Afin d'enrayer la propagation du virus, la gouverneure de la province d’Anvers, Cathy Berx, instaure un couvre-feu entre 23h30 et 6 heures du matin, dès mardi 28 juillet. Les cafés et restaurants devront fermer dès 23 heures. Elle rend le port du masque obligatoire partout dans l’espace public lorsque la distance d’1,50 m n’est pas possible. Le télétravail devient lui aussi obligatoire quand il est possible.

Un sentiment de lassitude

Depuis, le centre-ville est déserté. Karine, 16 ans, est venue faire quelques boutiques avec sa copines mais le cœur n’y est pas. "Je comprends mais quand j’ai entendu ça hier, j’étais en colère, car on peut plus rien faire, lâche-t-elle. Avec le couvre-feu en plus, c’est hyper frustrant... C’est super triste."

Abdel enfourche son vélo après avoir récupéré au pas de course un colis. "Il fallait s’y attendre, dit-il. Personne ne faisait assez attention."La dernière fois, j'étais au zoo, les gens étaient collés à côté de moi ! Ils ne veulent pas s'éloigner." À ses côtés, un jeune homme opine de la tête : "J'ai un sentiment de lassitude, je pense que c'est général."

Les gens en ont marre du virus, mais il ne faut pas oublier qu'il est là.

Un habitant d'Anvers

à franceinfo

Vétu d’un même tee-shirt noir au couleurs du magasin de vêtements pour lequel ils travaillent, deux autres jeunes garçons armés de bouteilles de désinfectant, masque jaune avec un smiley sur le nez, essayent d’attirer les clients chez leurs patrons. "Ce n'est pas simple", soupire l’un deux.

Un confinement qui n'en a pas le nom

Assis sur le comptoir de sa boutique de vêtements, cet autre commerçant n’en revient pas. Pour lui, la saison est foutue. "Je comprends bien qu'il faut faire quelque chose pour arrêter le virus à Anvers, mais selon moi, on fait un confinement sans vraiment en faire, déplore-t-il. Les magasins peuvent ouvrir, mais on dit aux gens de ne pas venir à Anvers. Normalement, ici, il y a des gens partout, venus des Pays-Bas, d'Allemagne, partout. Aujourd'hui, on n'a pas de touristes. Ce n'est pas rentable." Certains de ses amis commerçants ont d'ailleurs tiré le rideau.

Reportage à Anvers d'Angélique Bouin
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