"On a l'impression de ne pas exister" : des représentants du monde sportif, chamboulé par le confinement, sont reçus par Emmanuel Macron

Le monde du sport est aussi durement frappé par la crise du Covid-19. Les professionels continuent de jouer sans spectateurs alors que les amateurs doivent déserter les terrains. Les clubs subissent de fortes pertes d'argent. 

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Radio France
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Le stade de rugby d'Agen lors d'un match, le 8 novembre 2020.  (THIERRY BRETON / AFP)

Emmanuel Macron au chevet du monde du sport. Le chef de l'Etat, accompagné de Jean Castex et de plusieurs minitres, s'entretenir mardi 17 novembre, par visioconférence, avec des représentants du sport amateur et professionnel, d'exploitants de salles de sport, et de champions qui réclament un plan d'urgence pour ne pas sombrer dans les prochains mois à cause du confinement et du Covid-19. "Quand on nous annonce qu'il y a deux milliards d'euros pour la culture et 120 millions pour le sport, on a l'impression de ne pas exister", a regretté le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte sur France Inter mardi.

Le sport regrette un manque de moyens dédiés 

"On est très fiers d’être reçus par le président de la République, poursuit l'ancien secrétaire d'Etat aux Sports va participer ce mardi à la réunion. Mais effectivement, le coup de gueule de Tony Parker ou Denis Masseglia, le président du CNOSF, étaient très importants car le sport est à bout de souffle", a estimé Bernard Laporte. Le 26 octobre dernier, le Comité national olympique et sportif français (CNSOF) et 95 fédérations sportives avaient déploré, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, ne pas compter parmi les "priorités" et dénoncé "une stigmatisation aussi violente qu'infondée".

Bernard Laporte a dénoncé de trop faibles financements alloués par le gouvernement dans le plan de relance mis en place pour atténuer les effets économiques de l'épidémie de Covid-19. Le sport "c'est aussi important que le reste", a-t-il martelé, alors que le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) a annoncé une perte de 1,5 million de licenciés tous sports confondus en 2020.

On va perdre 34 millions d'euros sur la saison. C'est un tiers de notre budget, mais derrière, c'est 1 900 clubs qu'on accompagne. 

Bernard Laporte

Tony Estanguet, président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, a estimé sur franceinfo que la "particularité du sport français, c'est qu'il repose sur des clubs amateurs avec 160 000 clubs". Ce maillage est selon lui "en jeu" aujourd'hui. "Ces clubs sont en très grande fragilité, en très grande précarité. Ils reposent pour beaucoup sur des bénévoles, poursuit Tony Estanguet. La filière du sport c'est quand même des centaines de milliers d'emplois, c'est 78 milliards d'euros en 2020 en termes d'économie. Donc, il y a un enjeu économique très fort."

Si rien n'est fait, "les clubs vont disparaître et le milieu rural aussi va être affecté", a également jugé mardi matin sur franceinfo Brigitte Linder, présidente de la Fédération nationale du sport en milieu rural. Elle demande la réouverture des clubs, ce qui est possible d'après elle car il n'y a jamais eu de cluster dans les clubs sportifs, "dans des pratiques de groupes oui, mais pas dans les clubs sportifs".  

Brigitte Linder, qui est aussi présidente du Comité départemental olympique et sportif de la Haute-Garonne, ajoute que lors de ses déplacements dans son départements pendant le déconfinement, elle avait pu "constater que les règles de distanciation, les règles sanitaires, étaient vraiment respectées".

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