Livraison à domicile : des nuisances sonores qui exaspèrent les riverains

Durant le confinement, le nombre de repas livrés à domicile a explosé. Ces livraisons déclenchent parfois la colère des habitants qui se plaignent des nuisances sonores, comme à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

FRANCE 3

À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), sept jours sur sept, des centaines de livreurs à scooters se succèdent dans une petite rue de la ville. Ici, pas de restaurant, mais une douzaine de cuisines qui sont louées par Deliveroo à des professionnels, spécialement pour de la livraison. Le va-et-vient commence dès le matin, avec l'arrivée des camions de livraison, juste sous les fenêtres de Mireille Groise. La riveraine a déposé une main courante mais aussi écrit à la mairie, à la préfecture et au Conseil général. Elle a même lancé une pétition, mais rien n'a changé. "Ça fait trois ans qu'on vit ce calvaire. Depuis le confinement, c'est de pire en pire", déplore la retraitée.

Jusqu'à 95 décibels

Devant la mobilisation des habitants, la mairie a étudié le volume sonore autour du local. "Ici, on a pu monter parfois jusqu'à 95 décibels [...], le volume à peu près du passage d'un train", avance Clément Praud, conseiller municipal et élu du quartier de Saint-Ouen. La mairie envisage de verbaliser les scooters les plus bruyants, même si elle voudrait l'éviter. "La difficulté, c'est le modèle-même de Deliveroo puisque les livreurs ne sont pas des salariés mais des [...] autoentrepreneurs, la plupart du temps. La loi nous demanderait de verbaliser des livreurs qui finalement, sont une forme de dommage collatéral", poursuit Clément Praud. Deliveroo assure avoir pris des mesures pour limiter les nuisances.

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Peu voire pas diplômés, ces livreurs travaillent bien davantage que les étudiants et peuvent faire jusqu\'à 70 à 80 heures par semaine.
Peu voire pas diplômés, ces livreurs travaillent bien davantage que les étudiants et peuvent faire jusqu'à 70 à 80 heures par semaine. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)