"Le confinement c'était de l'angoisse" : en Bretagne, face au coronavirus, l'Ehpad de Penvénan veut éviter de reconfiner ses résidents

Face à la circulation du virus en Bretagne, certains Ehpad ont décidé de fermer leurs portes au public pour protéger leurs résidents, notamment dans le Finistère. Mais d'autres ont choisi de ne pas le faire, pour ne pas isoler les personnes âgées déjà durement éprouvées par le confinement.

Article rédigé par
Farida Nouar, édité par Pauline Pennanec'h - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Francine, 97 ans, a été testée positive au Covid-19 en avril dernier. Elle a souffert de violents maux de tête. Aujourd’hui, elle ne s’est pas encore tout a fait remise. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

Scrabble, promenades, visites, les 67 résidents de l’Ehpad de Penvénan (Côtes-d'Armor) ont aujourd’hui repris leurs habitudes. L’établissement a été durement touché par l'épidémie de coronavirus : une dizaine de résidents sont décédés, d'autres ont été testés positifs. Même si le pire est derrière eux, certains résidents ne sont pas tout a fait remis, comme Francine : "J'étais positive, j'ai eu des maux de tête qui étaient vraiment violents, et depuis, je crois qu'il y a des séquelles", confie la résidente de 97 ans.

Encore aujourd'hui, Nelly ressent des douleurs articulaires. Même si l'Agence régionale de santé se veut rassurante, les nouveaux cas diagnostiqués récemment dans la région l’inquiète. Elle ne veut pas revivre un nouveau confinement. "Ce qu'on demande, c'est que tout le monde soit raisonnable, témoigne la résidente. Il faut que l'on continue à prendre des précautions pour éviter le confinement."

On s'occupait bien de nous, mais le confinement, c'est dur.

Nelly, une résidente

à franceinfo

Masque, désinfection, et distanciation sociale sont de rigueur. Mais les résidents ont leur liberté, et c’est important pour Mickaël Meunier, le directeur de l’Ehpad. Il surveille de près la situation sanitaire mais ne veut pas s’alarmer : même si le virus circule dans la région, à l'heure actuelle, il n’a pas prévu de fermer son établissement. C’est une décision qui, de toute façon, ne doit pas être prise à la légère. "On pense qu'aujourd'hui nos mesures sont adaptées aux risques, et qu'elles sont aussi adaptées par rapport aux risques que représente un reconfinement, explique le directeur de l'établissement. Il faut savoir que le confinement n'est pas neutre. Les restrictions de visite, de sorties, sont aussi dommageables que le risque de virus dans un établissement."

Pour Mickael Meunier, directeur de l’Ephad de Penvénan (Côtes-d'Armor) et Sylvie Guillou, infirmière coordinatrice, prendre la décision de reconfiner les résidents n’est pas sans risque pour leur santé et leur moral. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

"C'était de l'angoisse"

Sylvie Guillou, l'infirmière coordinatrice de l'Ehpad, acquiesce. "Effectivement, un confinement, ça n'est pas anodin, affirme-t-elle. Pour leur santé, au niveau du moral, ça risque d'être très, très difficile pour eux de revivre un nouveau confinement."

En jouant trop sur la sécurité, on en oublie un peu l'humanité.

Sylvie Guillou, infirmière coordinatrice de l'Ehpad

à franceinfo

Pour Roselyne, soignante au sein de la résidence, "c'était de l'angoisse". Elle dit avoir ressenti "beaucoup de tristesse vis-à-vis des résidents". Aude, agent de nuit, ne souhaite pas non plus revivre ces moments. "Voir les personnes décédées, les cercueils passer sans personne pour les accompagner, ce n'est pas facile", confie-t-elle.

Personne ne veut replonger dans ce cauchemar. Louise, résidente, veut encore profiter du bonheur des visites familiales retrouvées. "Ça a été très dur de ne pas voir la famille". Dans ses bras, son arrière-petite fille Flora, âgée d'à peine un mois. "Cela nous aide un peu maintenant, ça fait plaisir", dit-elle dans un sourire.

A l'Ehpad de Penvénan (Côtes-d'Armor), personne ne veut revivre un confinement - Reportage de Farida Nouar - 0
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