« La psychose française sur Amazon n’a aucun sens » dénonce Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique

Interpellé à plusieurs reprises par les sénateurs sur la fermeture des commerces de proximité, le secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O a estimé que la question des ventes sur Amazon était mineure et que le « fond du problème » portait sur la numérisation des commerces de proximité. La sénatrice socialiste Laurence Harribey a quant à elle dénoncé la notion de « commerces essentiels » qu'elle estime être particulièrement injustifiée.

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Ce mercredi, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement du Sénat, les sénateurs ont interpellé les ministres sur la fermeture des commerces de proximité imposée sur le territoire français, mettant en avant « un manque de décisions logiques et équitables » et un favoritisme des grandes enseignes et du commerce en ligne. « Les petits commerçants payent un lourd tribut, vivent une situation dramatique », argumente le sénateur écologiste Daniel Salmon. « Nos petits commerces sont obligés de fermer et, en parallèle, des entrepôts d’Amazon s’implantent dans tout le territoire. Ce modèle qui participe à la dévitalisation de nos entreprises, bétonne nos terres agricoles, et a un bilan carbone catastrophique ».

La nécessité de numériser les petits commerces

Prenant la parole pour la troisième fois sur le sujet de la fermeture des commerces de proximité, sous les huées des sénateurs mécontents de l’absence des ministres Bruno Le Maire et Alain Griset, Cédric O réaffirme la nécessité « d’accompagner les petits commerces, et nous allons continuer à en parler ». « Mais la psychose française sur Amazon n’a aucun sens. Le e-commerce c’est 10% du commerce en France, Amazon c’est 20% du e-commerce. Il n’y a pas un pays européen où Amazon est plus bas qu’en France. Quand les Français augmentent leurs achats de e-commerce, à 60% cela vient dans les poches des entrepreneurs français », répond le ministre. « Le fond du sujet sur lequel nous devons travailler et sur lequel nous travaillons avec les collectivités territoriales c’est de numériser les petits commerces. Il y a 30% seulement de petits commerces numérisés contre 72% en Allemagne, c’est ça le fond du problème. Si nous ne sommes pas capables de doubler le nombre de TPE numérisés, ils connaîtront des difficultés à l’avenir », conclut Cédric O.

Le débat autour de la fermeture des commerces non essentiels

Révoltée, Laurence Harribey a demandé à Cédric O « de justifier la fermeture des petits commerces qui appliquent les protocoles sanitaires, au prétexte qu’ils ne seraient pas essentiels » : « Comment justifier qu'acheter un fer à repasser dans une grande surface soit plus essentiel que d'acheter un livre dans une librairie ? ». « Si nous avions accédé à votre demande de laisser l'ensemble des commerces ouverts, le confinement serait revenu à fermer les bars et les restaurants. Si vous appelez à réouvrir les petits commerces, cela veut dire mécaniquement que le confinement équivaut à fermer uniquement les bars et les restaurants », s'est justifié le secrétaire d'Etat au numérique.

Questions d\'actualité au gouvernement du Sénat 04/11
Questions d'actualité au gouvernement du Sénat 04/11 (Public Sénat)