"Depuis plus de deux mois, je n'ai aucune aide financière" : un coiffeur londonien raconte le confinement au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les commerces dits non-essentiels sont fermés depuis le 19 décembre. "J'ai des envies de champagne mais des revenus seulement pour de la bière", résume Tom, coiffeur à Londres, qui malgré les difficultés économiques ne perd pas son sens de l'humour. 

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Radio France
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Tom devant son salon de coiffure, à Londres, le 25 février 2021. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Les commerces dits non-essentiels britanniques ont baissé le rideau il y a plus de deux mois. Depuis le 19 décembre et l'annonce d'un nouveau confinement au Royaume-Uni, le salon de coiffure de Tom est fermé. De temps en temps, le coiffeur londonien ouvre la grille pour venir bricoler, s'assurer que tout va bien, mais il n'autorise personne à entrer. 

C'est le troisième confinement en moins d'un an pour faire face à l'épidémie de Covid-19. Pour les petits commerçants, la situation économique devient très compliquée. "J'ai dû réduire ma consommation de cognac et de cigares de manière drastique, plaisante Tom. Disons que j'ai des envies de champagne, mais des revenus seulement pour de la bière." 

S'en sortir sans aide financière

Cheveux longs, favoris qui s'étendent sur les joues, le coiffeur a des allures de rock star britannique. En attendant la réouverture de son salon, il écoute d'ailleurs beaucoup de musique. Il lit, regarde des films, fait du sport, pour tenter d'oublier la situation économique. "Je possède le salon seulement depuis deux ans, et on m'a obligé à le fermer près de la moitié du temps. C'est dur, se désole Tom. C'est aussi une question de société. Les gens qui viennent ici, c'est comme une grande famille. C'est vraiment important pour le moral d'avoir un endroit où retrouver des amis. Les salons de coiffure, c'est ça aussi."

Tom devant son salon de coiffure, à Londres, le 25 février 2021. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Financièrement, le coiffeur arrive à s'en sortir. Mais alors que les aides publiques avaient plutôt bien fonctionné lors des deux premières fermetures obligatoires, il ne les a pas touchées cette fois-ci. "On devrait s'inspirer de la France, estime Tom. Aller dans la rue et manifester parce qu'on me dit que je ne suis pas autorisé à gagner ma vie. Pendant ce confinement, depuis plus de deux mois, je n'ai aucune aide financière. Ce n'est pas juste, n'est-ce pas ?".

Il attend avec impatience le 12 avril, date fixée par les autorités pour la réouverture des commerces. Mais Tom reste prudent car il craint que la majorité change d'avis d'ici là. "Il y a une bonne expression pour caractériser l'incompétence du gouvernement britannique, explique le coiffeur. Ici, on dit : 'Il ne pourrait pas organiser une beuverie dans un bar !'". 

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Pour faire passer le temps, Tom se console en écoutant de la musique. Il explique qu'il ne peut même pas compter sur son club de foot, dont il suit les rencontres sur internet, pour lui remonter le moral. Lors des six derniers matchs, Leyton Orient, en quatrième division, n'a marqué qu'un seul but !

Portrait de Tom, coiffeur londonien : le reportage de Richard Place
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