Infographies Covid-19 : pourquoi la situation sanitaire inquiète-t-elle tant le gouvernement ?

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, le 7 janvier 2021 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Avant l'annonce de nouvelles restrictions pour endiguer la circulation du Sars-CoV-2, franceinfo fait le point sur l'évolution de l'épidémie en France et sur les craintes des autorités et des épidémiologistes.

La France va-t-elle être reconfinée ? Le couvre-feu à 18 heures va-t-il être étendu à l'ensemble du territoire ? Le pays tout entier est suspendu aux annonces que doit faire le gouvernement jeudi 14 janvier. Depuis quelques jours, les épidémiologistes du conseil scientifique, qui guident les choix de l'exécutif, défilent sur les plateaux de télévision pour alerter l'opinion publique sur le besoin de nouvelles mesures afin de contenir la circulation du Covid-19.

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Franceinfo fait le point sur les indicateurs sur lesquels se base le gouvernement pour sa prise de décision.

Parce que le variant britannique se répand

"C'est une menace très sérieuse", a averti le professeur Arnaud Fontanet lundi matin sur RMC. Pour cet épidémiologiste de l'Institut Pasteur, membre du conseil scientifique, l'apparition de la nouvelle souche britannique du Sars-CoV-2, baptisée "VOC 202012/01", "change complètement la donne". Cette mutation, de 50 à 75% plus contagieuse, est tenue pour responsable de l'explosion des contaminations auxquelles le Royaume-Uni et l'Irlande sont actuellement en proie. En Irlande, le nombre moyen de nouvelles contaminations sur sept jours a été multiplié par six en 15 jours, passant de près de mille cas le 29 décembre à plus de 6 000 cas le 12 janvier. Quant au Royaume-Uni, il frôle aujourd'hui les 60 000 nouvelles contaminations quotidiennes, en moyenne sur sept jours.

Les autorités craignent désormais que ces scénarios se reproduisent en France, où le variant britannique circule déjà. Mardi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a dévoilé les premiers résultats d'une enquête menée sur les tests PCR réalisés jeudi 7 et vendredi 8 janvier. Le "VOC 202012/01" représenterait à peu près 1% des tests positifs. "Compte tenu de la surcontagiosité du variant britannique. On peut s'attendre à ce qu'il représente 10% des cas d'ici 5 semaines. Et si rien n'est fait, il représentera la majorité des contaminations à la fin du mois de mars", estime l'épidémiologiste Renaud Piarroux, interrogé par franceinfo.

Parce que les contaminations augmentent

Il faudra encore attendre la fin de la semaine pour avoir un avis définitif. Mais les dernières remontées des indicateurs sanitaires semblent montrer que l'explosion tant redoutée au lendemain des fêtes a été évitée. "Globalement, c'est plutôt rassurant. Les Français ont été prudents", relève Renaud Piarroux. Mais les chiffres ne sont pas bons pour autant, selon l'épidémiologiste. "Il n'y a pas eu d'explosion du nombre de cas. Mais la courbe des nouvelles contaminations est quand même en croissance. On s'approche aujourd'hui de 20 000 nouveaux cas en moyenne, contre près 10 000 au début du mois de décembre", note Renaud Piarroux.

Cette croissance des nouvelles contaminations se fait ressentir dans les hôpitaux, où le nombre de patients ne faiblit pas. Près de 25 000 lits sont encore aujourd'hui occupés par des patients atteints du Covid-19. C'est davantage que le 30 octobre, date de l'entrée en vigueur du deuxième confinement. Près de 22 000 malades étaient alors hospitalisés.

Parce que la situation se dégrade partout

Toutes les régions ne sont pas égales face à la circulation du virus. Le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de contaminations sur une semaine pour 100 000 habitants, qui permet de la mesurer, varie fortement d'une région à l'autre. Comme le montre la carte ci-dessous, la France métropolitaine est coupée en deux.

L'essentiel des territoires les plus touchés sont cantonnés dans la partie est du pays. Les taux d'incidence sont particulièrement élevés dans les Alpes-Maritimes (460), dans le Jura (363), le Doubs (334) et la Haute-Marne (331). A l'inverse, le virus circule de manière beaucoup moins active dans l'ouest de la France. En Bretagne, les taux d'incidence sont à peine au-dessus du seuil d'alerte fixé par le gouvernement à 50. Depuis une semaine, les Côtes-d'Armor ne comptent que 64 contaminations pour 100 000 habitants, le Finistère 68 et le Morbihan 69. Mais ces chiffres, moins mauvais que dans le reste du pays, pourraient ne pas suffire à empêcher de nouvelles restrictions sur ces territoires. Car, si la circulation du virus reste pour l'heure moins active dans l'Ouest, le nombre de nouveaux cas y augmente plus fortement ces derniers jours que dans l'Est, comme le montre la carte ci-dessous.

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