Face à la recrudescence des abandons d'animaux, le ministre de l'Agriculture présente un plan d'action

Julien Denormandie présente mercredi un plan d'action destiné à lutter contre les abandons d'animaux et aider les refuges à faire face à la hausse de ce phénomène.

Article rédigé par
Mathilde Ansquer - franceinfo - Sébastien Baer
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une personne qui abandonne un animal de compagnie s'expose désormais à une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison, contre deux auparavant. (JOEL SAGET / AFP)

Le gouvernement a décidé d'agir contre les abandons d'animaux. Mercredi 21 juillet, il présente un plan destiné à lutter contre ce phénomène et aider les refuges à faire face. En effet, les abandons ont augmenté de 14% au mois de juin par rapport à juin 2019. Les sites de la Société protectrice des animaux (SPA) sont proches de la saturation et l'association assure qu'elle ne sera "bientôt plus en mesure de prendre en charge de nouveaux animaux".

20 millions d'euros pour agrandir les refuges

Le premier volet du plan vise donc à soulager les 800 refuges de France, en forte tension. L'Etat va donc débloquer 20 millions d'euros pour agrandir ces lieux d'accueil. Celui de la SPA d'Hermeray (Yvelines) n'échappe pas au problème. Ici, "on est surchargé", prévient Claire Brissard, qui gère le refuge. "Du côté des chiens, ça commence sérieusement. Les chats, c'est catastrophique", détaille-t-elle. En effet, le refuge accueille 115 chats de plus en 2021 par rapport à 2019. Et pour cause, ces animaux sont les plus abandonnés en France.

Le confinement a aussi modifié le profil des animaux abandonnés. "On a beaucoup de chatons", raconte Claire Brissard. "Des propriétaires ont utilisé le confinement pour nous dire 'Je n'ai pas pu le faire stériliser'. Pendant le confinement, l'animal a donc bien occupé la personne et quand elle a retrouvé sa vie d'avant, elle a oublié l'animal qui l'a accompagnée." Les rongeurs ont aussi fait les frais de ces comportements. 

Les membres de la SPA accueillent chez eux

Pour gérer l'afflux de nouveaux arrivants dans ce refuge, les membres de la SPA s'adaptent tant bien que mal. "On est obligé de faire de la place, de pousser les murs, de séparer des espaces pour pouvoir accueillir d'autres chats dans la chatterie", raconte Sabine Lédéquerre, agent animalier. 

Cette année, les membres doivent même accueillir des chatons chez eux. En effet, ils sont trop jeunes pour être placés en famille d'accueil. "Depuis le début, j'en suis déjà à dix chatons à la maison", raconte Sabine. 

De deux à trois ans de prison en cas d'abandon

Pour limiter les abandons, le gouvernement va renforcer les sanctions. Elles passeront ainsi de deux à trois ans de prison. Par ailleurs, un volet de prévention va être déployé. Ainsi, une campagne de sensibilisation va être mise en place via des affiches sur les aires d'autoroutes, car 60% des 100 000 abandons annuels sont réalisés dans ces lieux. 

Les autorités vont également obliger toute personne voulant adopter un animal à prendre connaissance d'une charte. Ce document rappellera qu'un animal nécessite du temps et de l'argent, qu'il faut s'occuper des soins, de l'identification et des vaccins. L'objectif est d'éviter les adoptions impulsives qui sont la première cause d'abandon. La SPA insiste : c'est un acte réfléchi, qui engage. 

Au refuge SPA d'Hermeray, 115 chats de plus en 2021 par rapport à 2019 - Reportage de Mathilde Ansquer
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