Enquête France 2 Covid-19 : on a passé une soirée en boîte de nuit clandestine

Publié Mis à jour
L'oeil du 20 heures - 18 janvier 2022
Article rédigé par
France Télévisions

Depuis le 10 décembre 2021, les boîtes de nuit ont baissé le rideau. Mais certains fêtards continuent de danser. Au cœur de la cinquième vague de Covid-19, des soirées payantes sont organisées pour contourner la fermeture des discothèques. "L'Œil du 20 heures" a pénétré dans l’une de ces boîtes clandestines.

Nous identifions un compte sur le réseau social Instagram qui propose des soirées parisiennes privées, moyennant un droit d'entrée. Nous nous inscrivons : rendez-vous le samedi suivant à une adresse qui nous sera communiquée deux heures seulement avant l'événement. Le thème, une soirée orientale.

Avant de nous y rendre, nous décidons de nous tester, pour nous assurer que nous sommes négatifs au Covid-19. Toute la soirée, nous porterons aussi un masque.

L'adresse nous conduit dans une banlieue parisienne cossue. Et il y a foule sur le trottoir. "C'est la deuxième fois qu'on vient", nous dit un client. Tous les codes d'une boîte de nuit sont réunis : un videur nous accueille. Derrière le portail, un hôtel référencé sur Internet, visiblement privatisé pour l'occasion.

L'entrée est payante : 30 euros pour les filles, 100 euros pour les garçons. Aucun protocole sanitaire. Comme en boîte de nuit, on nous distribue un petit bracelet nous ouvrant un accès illimité au bar.

Une enquête va être ouverte

Sur la piste de danse, il y a environ 200 personnes. Nous sommes les seuls à porter le masque. On trouve un DJ, un bar, et même un carré VIP comme c'est l'usage en boîte. La plupart des clients sont des étudiants. Ils ont moins de 25 ans.

Certains avouent même travailler à l'hôpital. "A la base, j'étais à l'hôpital Georges Pompidou en soins intensifs, maintenant je suis intérimaire", confie une hôtesse d'accueil.

Selon la préfecture des Hauts-de-Seine, une soirée comme celle-ci est illégale. Une enquête va être ouverte. Dans les établissements accueillant du public, le pass sanitaire doit être exigé et le respect des gestes barrières vérifié par les organisateurs. Il n'en est rien ici. Et si l'on en croit la clientèle, ces soirées sont en vogue.

"Ils empruntent tous nos codes de boîtes de nuit. Billetterie, plus ou moins bidon, personnel à l'entrée... Mais ils n'ont pas de pass sanitaire, chez nous oui, il y a la présentation d'une carte d'identité.

Patrick Malvaes, président du syndicat des boîtes de nuit

à "L'œil du 20 heures"

Des soirées payantes, promues sur les réseaux sociaux. Une concurrence déloyale selon le président du syndicat national des discothèques, Patrick Malvaes, qui dénonce : "C'est de la discothèque moins les protections sanitaires en matière de Covid, en matière de drogue, sans contrôle de l'âge. C'est choquant !"

Contactés, ni les organisateurs ni les gestionnaires de l'hôtel n'ont souhaité nous répondre.

La semaine prochaine, une autre fête est déjà prévue par les mêmes organisateurs, dans un autre lieu parisien.

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