Covid-19 : pour l'UMIH d'Auvergne-Rhône-Alpes, Bruno Le Maire doit s'occuper avant tout de la "perte d'exploitation" et des "loyers"

Alors que Lyon, Saint-Etienne, Lille et Grenoble font partie des villes qui vont passer en état d'alerte maximale face au coronavirus, l'UMIH Auvergne-Rhône-Alpes demande au gouvernement de faire plus pour soutenir le secteur de l'hôtellerie-restauration.

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Une manifestation à l'appel de l'UMIH, à Marseille, le 25 septembre 2020. (SPEICH FREDERIC / MAXPPP)

"Ça fait six mois que nous demandons au ministre de l'Economie Bruno Le Maire d'avancer sur le dossier de la perte d'exploitation et sur la question des loyers. Ce sont les deux gros dossiers dont il doit d'occuper", a déclaré jeudi 8 octobre sur franceinfo Alain Grégoire, président de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé ce jeudi soir que les villes de Lyon, Grenoble, Lille et Saint-Etienne - toutes les trois situées dans la région Auvergne-Rhône-Alpes - faisaient partie des villes qui allaient passer en zone d'alerte maximale samedi 10 octobre.

franceinfo : Comment accueillez-vous cette nouvelle ?

Alain Grégoire : Pour nos activités, c'est encore un coup dur après deux mois et demi de fermeture entre mars et juin. On ne peut pas s'adapter à cette situation. On peut prévoir, on peut légèrement anticiper mais nous sommes victimes de ces décisions qui sont drastiques et féroces pour l'économie de nos entreprises. On a la double peine. Nos entreprises ont perdu entre 40 et 60% de chiffre d'affaires. Le gouvernement prend des mesures mais elles ne sont pas suffisantes. Ça fait six mois que nous demandons au ministre de l'Economie Bruno Le Maire d'avancer sur le dossier de la perte d'exploitation, c'est-à-dire la prise en charge des frais fixes des entreprises et il n'a pas avancé d'une virgule avec nos dirigeants.

Que demandez-vous ?

Dans le cadre de la loi de finances, nous proposons des amendements qui sont refusés à chaque fois. C'est une honte. C'est le seul dossier qui permettrait une survie pour nos TPE et PME. Nous demandons 30% de la prise en charge de la perte d'exploitation. Tout le monde le comprend y compris la BPI (la banque publique d'investissement) qui a fait un chiffrage avec notre organisation professionnelle et qui tombe sur le même chiffre que nous. La seule question que doit se poser le gouvernement c'est faire un chèque de 8 milliards d'euros pour la profession et pour le million de salariés qui travaillent dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, alors qu'il a fait un chèque de 40 milliards pour sauver des entreprises comme Renault, Airbus ou la SNCF. Le deuxième dossier sur lequel nous attendons une solution, c'est sur la question des loyers. À l'identique de la perte d'exploitation. Ce sont les deux gros dossiers dont doit s'occuper le ministère des Finances. Si Bruno Le Maire agit dessus, il sauve 80% des TPE et PME de l'hôtellerie-restauration et des discothèques.

Est-ce que le changement aux conditions d'accès au fonds de solidarité est une bonne chose ?

Il fallait une perte de chiffre d'affaires de 80%, on nous annonce une perte de 70%. On passe de 1 500 euros à 10 000 en terme de plafonnement.. Ça va dans le bon sens, mais nous aurions aimé entendre ce que monsieur Le Maire nous avait indiqué avec monsieur Darmanin quand il était encore ministre de l'Action et des Comptes publics. Tous les deux nous avaient annoncé que lorsqu'on serait sur des pertes de chiffre d'affaires inférieures à 50% des mécanismes pourraient être levés et ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, c'est un cri d'alerte que nous poussons. Il n'est pas suffisamment entendu par le gouvernement et monsieur Le Maire doit prendre ses responsabilités. La réponse n'est pas à la hauteur. Sauver le million d'emplois dans l'hotellerie-restauration, c'est une nécessité.

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