Covid-19 : les stations de ski ne rouvriront pas pour les fêtes, une "douche froide" pour le président de France Montagne

"On est consterné, on ne comprend pas", a confié sur franceinfo Jean-Luc Boch, qui ajoute que la période des fêtes de fin d'année représente "entre 20 et 25% du chiffre d'affaires" des stations.

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La station des Menuires (Savoie), le 17 mars 2020, durant le premier confinement. Photo d'illustration. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"C’est vraiment la douche froide ce soir", a déploré mardi 24 novembre sur franceinfo Jean-Luc Boch, maire de La Plagne Tarentaise, président de l’association nationale des maires de montagne et président de France Montagne. Rien n'est encore tranché pour les stations de ski, puisqu'une concertation avec les acteurs du secteur est en cours, mais Emmanuel Macron s'est prononcé pour une réouverture "en janvier" plutôt que pour les fêtes de fin d'année, et a promis une coordination avec nos voisins européens à ce sujet.

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franceinfo : Au lendemain de la réunion de concertation avec le Premier ministre, qui avait annoncé qu’une décision serait prise dans les dix jours, l’annonce d’Emmanuel Macron a-t-elle douché vos espoirs ?

Jean-Luc Boch : Oui, c'est vraiment la douche froide ce soir. On est consterné, on ne comprend pas. Tous les acteurs de la montagne qui avaient préparé un vrai protocole sanitaire pour mettre des mesures sanitaires de sécurité pour leur personnel, pour leurs vacanciers, ils sont comme moi aujourd'hui, ils ne comprennent pas et ils ne savent pas du tout pourquoi cette décision hâtive a été prise. Et à partir du moment où cela a été annoncé au niveau des médias par le président de la République, on sait que même si on infléchi cette décision avec vraiment une condition sanitaire satisfaisante, on aura du mal à avoir des réservations pendant cette période cruciale qu'est Noël.

Que représente cette période de Noël dans la saison ?

Suivant les massifs, suivant les stations, entre 20 et 25% du chiffre d'affaires, donc c'est beaucoup d'argent et c'est surtout beaucoup d'emplois dans des milieux qui, à l'origine, étaient très défavorisés. La montagne ce n'est pas un endroit très simple pour y vivre tous les jours.

Il faut dire qu'aujourd'hui le dirigeant de la Bavière, en Allemagne, a dit qu'il n'y aurait pas de ski à Noël. Il dit qu'il voudrait qu'il y ait une coordination européenne. C'est peut être aussi pour cela qu'Emmanuel Macron a dit "pas de ski à Noël", le comprenez-vous ?

Ce n’est pas impossible, on est bien d'accord. On ne veut pas rester absolument ouvert en dépit des règles sanitaires aujourd'hui dans notre pays. On est, les montagnards, d'abord des gens prudents, des gens qui respectons la vie, ça a été prouvé maintes et maintes fois. On pense à nos personnels hospitaliers qui travaillent, qui souffrent, dans des conditions très difficiles quelquefois et surtout à toutes les personnes atteintes par le Covid-19 et qui malheureusement ont des séquelles ou en sont décédées.

Bien sûr qu'on pense à eux mais est-ce que cela est une obligation de penser à cela exclusivement en oubliant l'aspect financier ?

Jean-Luc Boch

à franceinfo

Je ne sais pas et en tout cas si on écoute ce qui a été dit par les Allemands ou les Italiens, c'est exactement l'opposé qui a été dit par les Autrichiens et les Suisses. Eux, pour l'instant, ils veulent laisser ouvertes leurs stations. Nos principaux concurrents, je le rappelle, ce sont en Europe l'Autriche et la Suisse. Ce n'est absolument pas l'Allemagne ou l'Italie.

Les entreprises qui vont rester fermées administrativement à cause de ce confinement vont avoir des aides un peu plus importantes. Est-ce que c'est rassurant quand même ?

Bien sûr, on ne peut pas exclure que le gouvernement fasse d'énormes efforts pour essayer d'éviter la casse financière. Mais est-ce que cela va rassurer beaucoup de personnes ? Je ne suis pas sûr et il ne faudrait pas oublier les socio-professionnels qui sont des travailleurs indépendants, je pense aux moniteurs de ski. Il ne faudrait pas oublier non plus tous les petits commerçants, tous les petits commerces qui risquent d'avoir des difficultés. En tout cas, nous les maires de stations, on va veiller à ce que notre économie touristique ne soit pas forcément trop mise à mal. Et on compte vraiment sur nos ministres pour nous accompagner là-dessus.

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