Covid-19 : Le reconfinement est "la solution dont on sait qu’elle va avoir un effet sur l’explosion des cas”, juge le professeur Philippe Amouyel

Le médecin prend l'exemple du premier confinement qui a permis de faire baisser la courbe des entrées en réanimation de 40% en quelques semaines, selon lui. 

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Des soignants avec un patient atteint par le Covid-19, le 22 octobre 2020.  (FREDERICK FLORIN / AFP)

Un reconfinement, "c'est la solution", a estimé sur franceinfo mercredi 28 octobre le professeur de santé publique au CHU de Lille, Philippe Amouyel alors qu’Emmanuel Macron doit prendre la parole mercredi à 20h. Le gouvernement semble porter son choix sur un reconfinement de quatre semaines pour faire face à la deuxième vague de Covid-19.

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Un nouveau confinement, "c'est la solution pour laquelle on sait qu'elle va avoir un effet sur l'explosion des cas que l'on observe aujourd'hui. On en a eu l'expérience lors la première vague : on s'est rendu compte qu'au bout de trois semaines de confinement, les courbes ont commencé à se casser avec des baisses de 40% d'entrées en réanimation en moins chaque semaine", a expliqué Philippe Amouyel.

Pour celui qui est également directeur de la fondation Alzheimer, il est trop tard pour atteindre de possibles effets de la mesure de couvre-feu, mise en place dans 54 départements. "Le problème, c'est que si ça n'a pas l'effet attendu, ce qu'on mesurera probablement d'ici la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine, les cas vont continuer à exploser. C'est pour cela qu'il est nécessaire, le plus tôt possible, de remettre en confinement." Philippe Amouyel s’interroge: "est-ce que l’on a pas, un peu, raté l’objectif du couvre-feu ?", en évoquant, entre la fin du travail et le couvre-feu de 21 heures, "une densité de population, dans les villes, sur les routes, les autoroutes, massive".

Avec le niveau de contamination en France, la technique du "tester, tracer, isoler", n’est plus possible, poursuit encore le médecin. "Avec 50 000 cas comme dimanche, vous avez 200 000 appels à faire. Ce n'est absolument pas gérable." Ce confinement, c’est donc un moyen de "freiner" la propagation du virus. Mais Philippe Amouyel prévient, "ce n’est qu’une première étape ce confinement, il faudra mettre en place une stratégie pour éteindre les flammèches", et éviter que l’épidémie ne reparte ensuite.

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