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Covid-19 : "Ce troisième confinement peut être fatal pour beaucoup" de commerces selon la Confédération des commerçants de France

La président de la CDF admet qu'il s'attendait à une réduction des mètres carrés mais pas à une fermeture totale des commerces non-essentiels dans seize départements. S'il 'ny a pas "d'aides fortes", les "faillites" seront "très nombreuses", selon lui.

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Radio France
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Francis Palombi (FRANCEINFO)

"Ce troisième confinement peut être fatal pour beaucoup" de commerces, a alerté vendredi 19 mars sur franceinfo Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, "particulièrement inquiet" face aux nouvelles fermetures de commerces "non-essentiels" dans les 16 départements confinés. Francis Palombi va rencontrer le secrétaire d'État en charge des PME et compte se montrer "très exigeant par rapport au soutien de l'État". Il demande notamment "un plan de soutien jusqu'à 10 000 euros en fonction de l'importance du magasin".

>> Covid-19 : que sera-t-il possible de faire (ou non) dans les 16 départements placés en confinement ?

franceinfo : Les commerces "non-essentiels" vont devoir fermer dans les départements confinés, c'est une nouvelle difficile à digérer ?

Francis Palombi : Oui, tout à fait. Nous sommes particulièrement inquiets. Nous attendions bien sûr les mesures annoncées hier soir. Elles sont tombées très durement. Nous pensions passer à travers les gouttes pour un confinement total de ces commerces, car nous ne sommes pas les commerces les plus dangereux. On pouvait s'attendre, même si ça n'aurait pas été une bonne nouvelle non plus, à des normes de surface de 5 000 ou 10 000 mètres carrés à partir de laquelle on doit fermer. Bon, c'est une autre formule. On a ce vendredi matin, à 9 heures, une réunion avec Alain Griset et son conseiller technique pour justement faire un point très précis parce que nous allons être, par nécessité, très exigeants par rapport au soutien de l'État, parce que ce troisième confinement pour ces commerçants, ça peut être fatal pour beaucoup. On est à l'épuisement moral et économique, donc nous sommes particulièrement inquiets. Nous ne savons pas si nous pourrons faire du "click and collect" pour rattraper un tout petit peu ou de la vente sur rendez-vous.

Vous allez donc rencontrer Alain Griset, le secrétaire d'État en charge des PME, qu'est-ce que vous attendez de lui précisément ?

Nous attendons vraiment des mesures renforcées au niveau soutien de l'État. Bien sûr un plan de soutien à hauteur de celui qui avait été mis en place pour les magasins fermés, jusqu'à 10 000 euros en fonction de l'importance du magasin. Nous souhaitons vraiment un accompagnement sur les stocks, sur les loyers. Enfin, le débat tout à l'heure va être très, très fort et nous serons particulièrement exigeants par rapport à nos demandes parce que nous sommes au pied du mur. Mais bon, on doit respecter le sanitaire, la santé. La mort, ça compte aussi. Mais pour autant, nous ne sommes pas les plus dangereux, je le répète.

Jean Castex a dit que le gouvernement allait aider "les secteurs touchés par ces comme nous le faisons depuis le début". Mais les aides ont-elles été suffisantes jusqu'ici ?

Non, ça n'a pas suffi. Certes, les aides ont été là, il faut quand même reconnaître la chose. Mais compte tenu du couvre-feu et de l'état d'esprit de la situation sanitaire, de la non-consommation des consommateurs, du dérèglement de la distribution, les commerces qui sont restés ouverts ont souffert et sont en situation difficile : 25-30% de baisse de chiffre d'affaires après des mois et des mois d'affectations et de crise. C'est très dur et vraiment je crois en des aides fortes. Sinon, ce sera des faillites très, très nombreuses. D'ailleurs j'ai eu une réunion hier au niveau des régions, elles vont essayer de nous soutenir à bien des niveaux, comme elles l'ont souvent fait, mais là, c'est vraiment très, très compliqué. Troisième confinement, on ne s'attendait pas à cela.

Par souci d'équité, les restrictions de vente vont s'appliquer aux mêmes produits, qu'ils vendus les grandes surfaces ou dans un petit commerce. C'est une bonne chose ?

Ça a déjà été le cas pour le deuxième confinement du mois de novembre 2020. Je félicite la position courageuse du Premier ministre. Et puis je salue, le passage du couvre-feu à 19h et non à 18h. C'est quand même important, c'est une bonne nouvelle. Et dernière bonne nouvelle également, ce n'est pas le confinement total dans toute la France, c'est quand même une consolation.

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