Couvre-feu : "Je sors tous les soirs pour m’évader, rester chez moi, je n’y arrive pas" raconte une Parisienne

Le couvre-feu à 18 heures est instauré partout en France pour au moins deux semaines. L’organisation des journées est chamboulée.

Article rédigé par
Manon Vautier-Chollet - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Illustration de Paris en temps de couvre-feu lors de la seconde vague de l'épidémie de Covid-19. (VALENTIN BELLEVILLE / RADIOFRANCE)

Ne rien oublier sur la liste des courses, c’est l’une des préoccupations d’Alaya pour les deux prochaines semaines. "Je sors pour faire les courses lors de ma pause déjeuner. Pour le shopping par exemple, ce sera en ligne" raconte-t-elle, croisée dans une rue du quinzième arrondissement, à Paris. Pour Nina, le couvre-feu avancé à 18 heures, mis en application samedi 16 janvier à l'échelle nationale, rime surtout avec interminables soirées sur le canapé : "Les soirées seront beaucoup plus longues. Entre 18 heures et 20 heures, il y a deux heures. C’est restrictif, mais je pense que c’est bénéfique".

De son côté, Adèle ne compte pas rester au calme. Elle va continuer à sortir malgré l'interdiction : "Je suis souvent dehors chez des amis. Je rentre la nuit et je n’ai jamais eu de soucis. Je vais toucher du bois car cela peut vite arriver. Je sors tous les soirs pour m’évader. Je ne peux pas rester chez moi, je n’y arrive pas."

Des commerçants obligés de s’adapter

Cassandra, elle, pense surtout aux transports en commun. L'étudiante travaille en plus de ses études, elle craint les pics de voyageurs, surtout en fin de journée : "Le couvre-feu de 20 heures était déjà compliqué. Quand on rentre du travail, les transports sont bondés. Le risque d’attraper le Covid-19 augmente. Et puis on se sent très stressé, très pressé. C’est compliqué à gérer, aussi".

Les commerçants aussi doivent s'adapter. Marguerite tient l'épicerie de quartier "Les Trois sœurs". Elle a déjà proposé une solution à ses clients habituels : "Certains m’ont dit que c’était vraiment compliqué, comme ceux qui travaillent dans des établissements scolaires. Je leur ai donné mon numéro de téléphone, ils me passent leurs courses, et je les livre. C’est la débrouille. On est flexibles, et on s’adapte". Quelques rues plus loin, Patricia n'est pas aussi sereine. Elle vend des vêtements et elle le sait, ce n'est pas la priorité quand l'agenda est chargé. "Je suis seule au travail, mais il n’y a pas de clientes. Cela devient une réelle inquiétude pour ma survie. L’inquiétude plombe le moral et l’énergie". Dans ce quartier parisien, beaucoup de commerces ont déjà ajusté leurs horaires en ouvrant plus tôt le matin.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.