Coupons repas et dons sur internet : avec le Covid-19, les Banques alimentaires adaptent leur collecte

La collecte nationale de trois jours démarre ce vendredi dans les commerces. Les bénévoles étant moins nombreux en raison de l'épidémie, le réseau a dû trouver de nouvelles méthodes pour recueillir les dons.

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Radio France
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Un bénévole de la Banque alimentaire de Carcassonne prépare une caisse de nourriture, le 23 novembre 2020.  (IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS)

La collecte pour les Banques alimentaires s'adapte au confinement et à l'épidémie de Covid-19. A partir de vendredi 27 novembre, et pour trois jours, les associations font appel à la générosité des Français dans les supermarchés comme tous les ans. Mais cette année à cause de la pandémie, il y aura moins de bénévoles à la sortie des magasins pour assurer la collecte. 

Des dons financiers plutôt que des vivres 

Cette année, plutôt que de voir un bénévole, vous trouverez près des caisses des coupons repas bien en vue. Charlotte, cheffe de rayon d'un supermarché parisien, s'attend à de nombreuses questions sur cette nouveauté : "Il y a beaucoup de clients qui vont dire 'qu'est-ce qui me dit que l'argent ne va pas aller dans les caisses du magasin'. C'est notre travail au quotidien de les rassurer, de leur dire que c'est une nouvelle méthode, explique-t-elle. Avant, c'était choisir un paquet de pâtes, une conserve. Maintenant, c'est la caissière qui va être là pour leur dire tel coupon équivaut à tel repas. Et nous, après, on s'occupe du reste."

Avec ces coupons, les clients mettent dans leur caddie des repas complets de deux à cinq euros mais virtuels. Une logistique réduite qui compense, en partie, la pénurie de bénévoles. "Ça simplifie beaucoup de choses en magasin, explique Quentin Hébert, directeur d'un supermarché à Paris. La Banque alimentaire va pouvoir cibler les produits dont elle a besoin en disant 'on a besoin de telle famille de produits et surtout pas de ça, on en a déjà beaucoup trop'".

Quentin Hébert reconnait cependant qu'il faut aussi assurer une distribution plus classique : "Les deux sont nécessaires parce que psychologiquement, c'est très impactant de voir un caddie rempli de nourriture qui a été donnée. Et ça, ça fait plaisir à tout le monde."

Partout en France, les Banques alimentaires manquent de bras car près de sept bénévoles sur 10 ont plus de 65 ans et sont donc plus vulnérables face à l'épidémie de Covid-19. Ainsi, aucune collecte n'est organisée dans les magasins de la région Auvergne-Rhônes-Alpes. Et pour la première fois de leur histoire, en 36 ans, le réseau fait aussi appel aux dons financiers sur internet"Il a fallu qu'on trouve une solution technique très vite et cette plateforme monpaniersolidaire.org permet d'acheter un panier étudiant, un panier bébé, un caddie famille nombreuse, explique Laurence Champier, directrice des Banques alimentaires. Cela va de six à 137 euros".

"Ça remet beaucoup de choses en question chez nous puisqu'on ne fait pas de campagnes d'appel aux dons financiers auprès du grand public, normalement. Disons que la situation nous a obligés à accélérer les choses."

Laurence Champier, directrice des Banques alimentaires

à franceinfo

"Si on arrive à faire 18 millions de repas, je pense qu'on sera très satisfaits", ajoute Laurence Champier. Mais avec un quart de demandes supplémentaires depuis le début de la crise du Covid-19, c'est 24 millions de repas qu'il faut trouver coûte que coûte.

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