Coronavirus en Mayenne : "Le gouvernement n'a pas réagi assez tôt"

Invité de France Info, Jean-Paul Hamon déplore le retard dans la prise de décision face à la hausse du nombre de malades de la Covid-19 en Mayenne. Plus généralement, le médecin réclame une plus grande capacité de depistage sur le territoire français. 

Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France.
Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

En Mayenne, "le gouvernement n'a pas réagi assez tôt", a estimé lundi 13 juillet sur franceinfo Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, président d’honneur de la Fédération des Médecins de France, après le signalement de sept foyers épidémiques samedi en Mayenne. La situation est "inquiétante", souligne Jean-Paul Hamon, "parce il y a quand même eu sept clusters différents avec des gens qu'on ne peut pas tester en temps et en heure. Donc, le virus a le temps de faire des petits". Le médecin se dit "inquiet", car selon lui, "l'ARS avait fait fermer les huit centres Covid vendredi dernier, avec une lucidité dont on peut douter". Ces centres, qui permettent "de tester les gens plus facilement" ont été fermés "alors que les cas étaient passée de 213 à 300", précise Jean-Paul Hamon.

"Dix jours pour avoir un rendez-vous"

Le président d’honneur de la Fédération des Médecins de France juge plus généralement que la France "n'a pas les capacités de tester". Reprenant le cas de la Mayenne, il souligne que pour quelqu'un de symptomatique dans le département, "il fallait dix jours pour avoir un rendez-vous pour tester cette personne. Là, grâce au fait qu'on a un petit peu secoué le gouvernement ça s'est raccourci de trois jours". Pour Jean-Paul Hamon, il est "complètement anormal qu'on ne puisse pas tester quelqu'un de symptomatique le jour même, et avoir le résultat dans les 24 heures pour pouvoir isoler les cas contacts et empêcher que ça redémarre".

Le médecin reconnaît qu'il va falloir "s'habituer à vivre avec ce virus" parce qu'il "circule toujours". Il alerte sur la rentrée de septembre-octobre, où "les virus respiratoires vont de nouveau arriver, la grippe, le VRS (virus respiratoire syncytial)". Il souhaite que les médecins soient "équipés avec des tests pour pouvoir faire la différence des virus et ne pas confiner les gens inutilement". Jean-Paul Hamon constate qu'avec "le fait de vivre avec des masques, de se laver plus souvent les mains, et que les enfants ne soient plus en collectivité", les gastroentérites "avaient complètement disparu des pathologies" observées par les médecins.

Les masques dans les endroits clos : "pas difficile à faire"

A la question de savoir si le port du masque doit être rendu obligatoire, le président d’honneur de la Fédération des Médecins de France y est favorable. "Je crains que oui", lance Jean-Paul Hamon. Il constate que dans les boutiques, les gens ne sont masqués que "1 sur 2 ou 1 sur 3, il n'y a pas de gel à l'entrée". Pourtant il affirme que "ce n'est pas très difficile à faire. Il suffit de mettre du gel à l'entrée des boutiques, que les gens soient masqués le temps qu'ils sont dans les commerces ou dans les lieux fermés, dans les théâtres, dans les cinémas".

Mais visiblement, "les gens en ont un petit peu marre", reconnaît Jean-Paul Hamon. "Ils ont été pendant deux mois confinés. On n'arrête pas de les bassiner avec les mesures barrières. Clairement, on comprend que les jeunes dans des bars aient envie d'oublier ce virus." Mais les soignants "n'ont pas envie de recommencer à voir les chiffres en réanimation. On voit bien que c'est fragile". A l'extérieur, "il y a moins de chances" d'attraper le coronavirus, précise le médecin. "On ne demande pas aux gens de porter le masque dans la rue. Mais le minimum est de faire en sorte qu'on n'oublie pas le masque dans les lieux confinés."

Jean-Paul Hamon tient enfin à alerter sur les tests pratiqués en pharmacie. "Il ne faut pas être faussement rassuré avec des tests qui sont pratiqués en pharmacie. Vraiment, là, on n'a pas bien compris pourquoi ça a été autorisé", s'interroge le médecin.