Confinement le week-end dans le Pas-de-Calais : le maire de Béthune craint "des clusters à ciel ouvert"

Olivier Gacquerre, maire UDI de Béthune, s'interroge sur franceinfo sur "l'efficacité du confinement" face à la flambée de l'épidémie de Covid-19 dans le département.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Des clients au marché  (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

"Je pense qu’il va falloir que dans ce pays, à un moment donné, on s'interroge sur l'efficacité du confinement", a déclaré, vendredi 5 mars sur franceinfo, Olivier Gacquerre, maire UDI de Béthune (Pas-de-Calais), qui a dit craindre "des clusters à ciel ouvert". La veille, le gouvernement a annoncé lors d’une conférence de presse sur la situation sanitaire, que le département du Pas-de-Calais serait confiné le week-end et qu’il allait recevoir 10 000 doses supplémentaires du vaccin contre le Covid-19.

Attendiez-vous ces doses avec impatience ?

Oui, parce qu’on est vraiment en retard sur la vaccination dans le Pas-de-Calais. Sur mon territoire, pour donner quelques chiffres, on est 280 000 habitants. 3 000 personnes ont été vaccinées en première injection et à peu près 50% en seconde injection, donc vous voyez qu'on a quand même beaucoup de retard sur le département.

10 000 doses en plus dans un département qui compte un peu moins d'un million et demi d'habitants, cela vous semble-t-il suffisant ?

Bien sûr que non, et ce qu'on a d’ailleurs appelé de nos vœux, c’est que le gouvernement puisse accélérer la vaccination, surtout dans un département où les taux d'incidence sont importants, le double de la moyenne nationale. Il faut accélérer la vaccination. C'est aujourd'hui la demande de toute la population : qu’on puisse enfin protéger les plus fragiles et sortir librement sans le masque, retrouver une vie normale. Ça fait un an qu'on est aujourd'hui en confinement total ou partiel. On ne sait même plus, à force, comment on vit.

Le gouvernement veut également que des centres éphémères de vaccination ouvrent dans les prochains jours. Est-ce que ce sera le cas chez vous, à Béthune ?

Oui, il y a une première ligne de vaccination. Il y a 23 centres de vaccination dans le Pas-de-Calais. Béthune en a une qui est située au sein de son hôpital public. L'idée pour le week-end, mais je souhaiterais que ce soit durable, c’est qu'il y ait une deuxième ligne de vaccination qui se mette en place, d’ailleurs on y travaille depuis jeudi soir. Elle sera installée dans une salle communale de Béthune. L’idée c’est d’avoir à peu près 2 000 doses d'AstraZeneca. Donc, ce n'est pas le même vaccin que sur la première ligne qui est aujourd'hui Pfizer sur l'hôpital. On pense, sur deux jours, vacciner 2 000 personnes sur Béthune.

Plusieurs maires de votre département ne comprennent pas forcément la décision du gouvernement de confiner le Pas-de-Calais le week-end. C’est un traitement discriminant, estime par exemple le maire de Boulogne-sur-Mer. Est-ce votre position également ?

Oui, je pense qu’il va falloir que dans ce pays, à un moment donné, on s'interroge sur l'efficacité du confinement parce que je vais vous dire ce qui va se passer dans ma commune et sur mon territoire : ça va être des clusters à ciel ouvert. Tout le monde va se précipiter dans les magasins pour faire ses courses pour le week-end. Donc, finalement, on réduit les espaces de vie en dehors du travail. On concentre les gens, me semble-t-il. On devrait peut-être réfléchir à l'inverse. L'efficacité, elle est posée vis-à-vis de la population qui aujourd'hui n'accepte plus ces mesures. C’est très compliqué sur le plan psychologique.

Pour les médecins et les personnels soignants, la question est d’étaler finalement les cas de contagion pour pouvoir répondre, d'un point de vue logistique aux gens qui sont aujourd'hui souffrants. Sauf qu’on voit bien que nous à Béthune, depuis le mois de décembre, on a le masque sur le nez en permanence dans la ville. On fait des efforts sur le couvre-feu et bien d’autres efforts et ça ne marche pas puisqu’on a une explosion du virus et du variant. Ce n'est pas forcément efficace. Sur le plan économique, ça l'est encore moins. Nous, ce qu'on proposerait éventuellement, c'est de réfléchir à un scénario inverse : est-ce qu’on est capable de ne pas fermer à 18 heures, mais plutôt de fermer à 23 heures les commerces en travaillant sur des jauges beaucoup plus petites ? Je pense qu'on pourrait essayer de changer de tactique et donc, à ce titre-là, je trouve que c'est discriminant pour le Pas-de-Calais, effectivement, qui est encore pointé du doigt.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.