"Chacun bricole plus ou moins de son côté" : quand les disquaires s'essayent au "click and collect" pendant le confinement

Les disquaires, bien que moins nombreux que les libraires, tentent aussi de se mettre au "click and collect". Le problème, c'est que beaucoup avaient jusque-là délaissé le numérique pour se concentrer sur leur réseau d'habitués. Et les clients se font attendre.

Article rédigé par
Bastien Munch, édité par Pauline Pennanec'h - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Toma, disquaire dans le IXe arrondissement de Paris, a mis en place un système de retrait dans sa boutique il y a trois ans. (BASTIEN MUNCH / RADIO FRANCE)

Depuis deux semaines, dans la boutique de Christophe, c'est le calme plat. Depuis le début du confinement, ce disquaire du XIe arrondissement de Paris ne reçoit que quatre à cinq retraits par jour en "click and collect". "J'ai l'impression d'être devenu un dealer de rue, vous voyez ce que je veux dire ? Vite vite, tiens voilà le paquet, salut... Voilà, on ne se connaît plus", déplore le commerçant. La relation client n'a plus rien à voir. "Il y a un côté très frustrant de travailler de cette façon là, confie-t-il. Ils nous font confiance, et on n'aura pas le temps de trop commenter pourquoi on a choisi tel disque."

Pierre et son fils Gustave, 9 ans, entrent dans la boutique. Tous deux sont venus chercher le nouvel album de Bruce Springsteen pour ce confinement. "On a envie d'approfondir un artiste, explique le papa. Là, en ce moment, je réécoute tous les Beatles, ça fait un bien fou. Et Gustave découvre Bruce Springsteen que je connais parfaitement, je suis replongé dedans aussi". Un retour aux classiques ? "Exactement, c'est vrai qu'on y revient." Mais Christophe l'admet, le "click and collect" met du temps à faire son chemin chez les habitués. Le dispositif n'étant mis en place que depuis quelques semaines.

C'est une habitude qui n'est pas du tout installée en ce qui concerne le disque. Cela reste très marginal, enfin je ne veux pas dire insignifiant, mais vraiment très faible.

Christophe, disquaire

à franceinfo

Toma au contraire est débordé. Cela fait déjà trois ans qu'il a mis en place un système de retrait dans sa boutique du IXe arrondissement. "Là au sol, ce sont cinq cartons remplis des disques que les gens ont achetés sur notre site pour un retrait sur place", montre le disquaire. Avec le confinement, ces commandes-là ont été multipliées par dix ! "Si tout ça n'avait pas été mis en place, on n'aurait pas tenu, reconnaît-il. D'autant plus que notre modèle économique repose aussi sur le fait que chaque année, on se déplace sur les festivals partenaires, c'est un manque à gagner énorme."

Une plateforme commune en création

Le vrai problème, c'est qu'il n'existe pas, comme pour les libraires, de plateforme commune de "click and collect". C'est ce que tente de mettre en place Julie David, à la tête du syndicat des disquaires indépendants Le Gredin. "Chacun bricole plus ou moins de son côté, explique-t-elle, c'est-à-dire qu'il y a des disquaires qui ont eu les moyens de mettre en place la numérisation de leur magasin pour faire du 'click and collect', et puis il y a les autres, ceux qui malheureusement n'ont pas pu mettre en place cet outil."

On est forcément moins visible, même avec un site propre qui fonctionne bien, que sur une plateforme avec tout le monde.

Julie David, syndicat des disquaires indépendants Le Gredin

à franceinfo

Après des mois de tractations, le projet devrait finalement se concrétiser au début de l'année prochaine.

Confinement : ces disquaires qui mettent en place le click and collect - Reportage de Bastien Munch
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