"Ça permet à plein d'intérimaires d'avoir un emploi": face à l'appel au boycott d'Amazon, des salariés défendent l'entreprise

Portée par des élus de gauche et des personnalités de la culture, la pétition en ligne #NoëlSansAmazon appelle à boycotter le site de vente en ligne pour soutenir le commerce de proximité. À Saran, dans le Loiret, où Amazon emploie 2 000 personnes, ces critiques sont globalement mal perçues.

Article rédigé par
Cyrille Ardaud - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'intérieur d'un des entrepôts de la multinationale Amazon à Saran (Loiret). (PATRICIA POURREZ / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

Sur l'immense parking faisant face à l'entrepôt Amazon de Saran (Loiret), des centaines de voitures sont garées et des cars d'où s'échappent des dizaines et des dizaines de travailleurs. Sur ce site proche d'Orléans, le géant de la vente en ligne emploie 2 000 personnes, le double à l'approche des fêtes de fin d'année.

Et c'est cet enjeu économique, en pleine crise du Covid-19, que rappellent tous les salariés comme Amandine Cruvéyé, préparatrice de commandes, alors qu'une pétition en ligne ( #NoëlSansAmazon) appelle au boycott du site : "Ça permet à plein d'intérimaires d'avoir un emploi, ce qui n'est pas facile à l'heure actuelle. Ça débouche parfois sur des CDI. Pourquoi nous supprimer ça si ça peut générer des emplois ?"

"Que de la critique et la critique est fausse"

L'appel au boycott n'est pas passé inaperçu chez les salariés et au fond, certains comprennent comme Océane Beauvallet, cheffe d'équipe."Je comprends les petits commerçants en cette période compliquée. Après, je suis aussi pour Amazon. Je commande dessus. Je suis mitigée sur ce boycott." Pour elle, la solution idéale aurait été d'interdire à Amazon de vendre des produits non essentiels : "Ça mettrait tout le monde sur un pied d'égalité. Après, malheureusement, c'est une logistique très pointue qu'il faudrait mettre en place. Beaucoup, beaucoup de travail et il faudrait beaucoup, beaucoup de temps malheureusement".

L'entrée du site des entrepôts Amazon à Saran (Loiret). (PATRICIA POURREZ / FRANCE-BLEU ORLÉANS)

D'autres salariés comme Patrice Doubatkoff, manutentionnaire ont plus de mal à supporter ces critiques : "J'ai même des collègues qui hésitent à sortir avec leur t-shirt Amazon parce qu'ils sont regardés 'Ah tiens, ils bossent chez Amazon !' Que de la critique et la critique est fausse."

"Ils commencent vraiment à faire des efforts."

Autre critique qui revient souvent au sujet d'Amazon : celle d'une entreprise peu soucieuse de l'environnement. Il y a deux ans un reportage dévoilait que les invendus étaient détruits, une pratique arrêtée depuis assure le groupe. Pour Loick Hureau, l'entreprise essaie de s'améliorer en la matière : "Ils commencent vraiment à faire des efforts là dessus, sur la sélection des déchets. Je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire. Comme tout, Amazon, je pense, est dans le bon sens et dans la bonne voie pour avancer aussi sur ce dossier là." 

Le groupe américain est aussi critiqué en matière de fiscalité : 10 millions d'euros d'impôts payés en France il y a deux ans, 250 millions l'an dernier. Amandine a un peu de mal avec cet argument : 

Il y a d'autres entreprises qui ne payent pas. Moi, je dis dans ce cas là, si vous boycottez Amazon, boycottez tout le e-commerce.

Amandine, salariée d'Amazon

à franceinfo

Du côté d'Amazon, malgré cet appel au boycott et les critiques récurrentes, les chiffres sont là, le reconfinement et l'approche de Noël boostent les ventes.

Appel au boycott d'Amazon : qu'en pensent les salariés ? Le reportage de Cyrille Ardaud.
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