"Attaquer Amazon, c'est un mauvais combat", estime Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique

Le secrétaire d'Etat chargé du Numérique juge qu'il ne faut pas attaquer le e-commerce mais plutôt aider les commerçants français à mieux se digitaliser. 

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Radio France
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Cédric O le 22 septembre 2020 à l'Assemblée nationale.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Attaquer Amazon, je pense que c'est un mauvais combat", a estimé Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, sur franceinfo mercredi 18 novembre alors que des élus et associations ont lancé une pétition pour un "Noël sans Amazon" et que les petits commerces sont toujours fermés à cause de la crise sanitaire. Le secrétaire d'État souhaite aussi plus modérer les réseaux sociaux après l'assassinat de Samuel Paty

Franceinfo : Des élus et associations lancent un appel au boycott d'Amazon. Est-ce qu'ils ont raison de le faire ?

Cédric O : Je pense qu'il faut réguler Amazon pour les problèmes qu'ils posent : l'empreinte de l'entreprise, le subventionnement croisé entre le cloud et le e-commerce, éventuellement les impôts, mais je rappelle que la France est le seul pays européen à avoir mis en place une taxe sur les services numériques. Mais personne n'oblige les Français à aller commander en ligne. D'ailleurs, quand ils le font, ils dépensent trois fois plus chez des e-commerçants français que chez Amazon. Je pense qu'il ne faut pas attaquer le e-commerce. Il faut aider les petits commerces à se digitaliser. Il faut faire en sorte que les e-commerçants français soient encore meilleurs qu'Amazon. Attaquer Amazon parce qu'ils proposent un meilleur service, je pense que c'est un mauvais combat.

Le "projet de loi sur le séparatisme", présentée le 9 décembre au conseil des ministres, comporte la création d'un délit de "mise en danger de la vie d'autrui par diffusion d'informations privées, familiales ou professionnelles". C'est l'assassinat de Samuel Paty qui a dicté cette loi ?

On veut combattre la diffusion d'informations personnelles qui peut être extrêmement dangereuses, où il y a des vendettas, des fatwas parfois, qui sont lancées. On fonctionne toujours sur la base d'un signalement. Mais on veut injecter dans la loi, en lien avec l'Europe qui va présenter un texte début décembre, des obligations de modération des réseaux sociaux, de nombre de modérateurs en langue française. On est sûr de nous, parce que l'Europe va présenter un texte qu'on déclinera dans la loi. C'est toujours compliqué de trouver le chemin de crête entre liberté d'expression et régulation de la haine en ligne. On pense qu'à travers ces obligations de moyens et la supervision du régulateur français, on a une solution qui doit nous permettre de passer ce sujet législatif [en référence à la loi Avia retoquée par le Conseil constitutionnel].

La 5G entre en fonction ce mercredi en France, avec l'allumage des premières antennes dans une dizaine de grandes villes. Il faut le bon forfait, habiter dans l'une des villes concernées et changer de téléphone. Ça pose un problème écologique ?

Il faut rappeler que les Français changent de téléphone tous les deux ans. Donc, 5G ou pas 5G, il y a un renouvellement du parc qui est extrêmement rapide. 80% de l'impact environnemental du numérique, ce sont les équipements électroniques et notamment les téléphones portables. C'est pour ça qu'on a travaillé avec Barbara Pompili [ministre de la Transition écologique] pour favoriser le reconditionné, et faire en sorte que le prix du reconditionné continue à baisser pour que les Français préfèrent un téléphone d'occasion plutôt qu'un téléphone neuf. Au sujet des subventions des opérateurs, on n'intervient pas sur cet élément-là. Par exemple, le forfait à un euro évite souvent aux populations qui ont peu de moyens de devoir emprunter. On préfère que les gens aient quand même accès au numérique, parce que c'est quelque chose de quasiment vital aujourd'hui. Si on arrête ces forfaits, on aura 30% à 40% des personnes qui achètent un téléphone via ce biais qui ne pourront pas avoir de téléphone.

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