"Ça rallonge la journée" : en Moselle, l'agacement des transfrontaliers face au test Covid obligatoire pour passer en Allemagne

À partir de mardi matin, les travailleurs frontaliers de Moselle doivent présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures pour franchir la frontière avec l'Allemagne.

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La mairie de Sarreguemines, le 1er mars 2021. (SEBASTIEN BAER / RADIOFRANCE)

"C'est de la folie", décrit Marda, infirmière à Sarreguemines, en Moselle. À partir de mardi 2 mars au matin, les 16 000 travailleurs frontaliers français du département doivent présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures pour passer en Allemagne, conséquence du classement de la Moselle en "zone à haut risque". L'épidémie de Covid-19 y est particulièrement intense. Résultat : la file d'attente était ininterrompue lundi devant le centre de dépistage de la ville.

La mesure embarrasse les nombreux frontaliers qui, chaque jour, vont travailler dans les villes allemandes, à quelques kilomètres de là. "J’ai fait 90 tests ce matin. Une matinée classique, ce serait entre 30 et 40", décrit Marda, l'infirmière. "Cela coûte beaucoup trop cher pour la sécurité sociale et il n’y a pas assez de main d’œuvre", regrette-t-elle.

Marda, infirmière au centre de dépistage de Sarreguemines (SEBASTIEN BAER / RADIOFRANCE)

Dans la file d'attente du centre de dépistage, Sébastien, 48 ans, employé dans une entreprise de métallurgie en Allemagne : "C’est énervant, j’étais huit heures au boulot, maintenant il faut que j’attende deux heures ici, ça me rallonge la journée. Ça tous les deux jours, ça va être long la semaine." Sébastien n'a cependant "pas le choix", il ne "peut pas se permettre" de ne pas aller au travail et de se priver de rentrée d'argent.

"Comment se fait-il que, d’un pays à l’autre, il y ait des mesures différentes ?", interroge Laurent, également venu se faire tester. Il trouve que les mesures de restrictions sont "toujours dans le même sens", avec moins de "mesures de sévérité" pour les Allemands qui viennent en France.

Colère des élus locaux

Le maire de Sarreguemines, Marc Zingraff, estime lui aussi que la mesure est déconnectée de la réalité. Il dénonce une mesure "vue de Berlin, sans savoir exactement comment fonctionne une zone transfrontalière". Marc Zingraff estime "qu'il n'y a pas plus de danger aujourd’hui à laisser poursuivre une activité de passage régulier de cette frontière moyennant certaines règles que circuler à l’intérieur de la Moselle". Comme d'autres élus locaux, il espère que l'Allemagne entendra ces critiques et les abolira ou, au moins, les assouplira rapidement.

Marc Zingraff, maire de Sarreguemines, le 1er mars 2021. (SEBASTIEN BAER / RADIOFRANCE)

Les transfrontaliers usés des mesures obligatoires pour aller travailler en Allemagne
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