Baisse des salaires des footballeurs : "Un geste très appréciable pour nos comptabilités", réagit le président du Stade de Reims

Le président du Stade de Reims Jean-Pierre Caillot, mandaté par ses homologues des clubs professionnels français, a obtenu un accord mardi 7 avril pour baisser provisoirement les salaires des joueurs. 

Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims, en août 2018. 
Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims, en août 2018.  (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Un accord a été trouvé mardi 7 avril au soir pour baisser provisoirement les salaires des joueurs de ligue 1 et de ligue 2 afin de soulager les trésoreries des clubs de football français, en difficulté en cette période de crise sanitaire. Les discussions ont notamment été menées par Jean-Pierre Caillot, le président du stade de Reims, qui avait été mandaté par ses confrères de ligue 1.

franceinfo : Qu'est-il sorti de ces discussions que vous avez mené avec Philippe Piat, président de l'UNFP, le syndicat des joueurs ?

Jean-Pierre Caillot : On a eu plusieurs réunions avec l'UNFP depuis la mise en place du chômage partiel de nos joueurs puisque le football comme beaucoup d'activités, est à l'arrêt actuellement. Pour les clubs de football, nous avons un très gros problème de trésorerie car on fait partie des entreprises ou il n'y a aucune rentrée car les droits télés ne sont pas versés. Donc, on a demandé aux joueurs si une partie du chômage partiel pouvait être reportée quand l'activité redeviendrait normale. En personnes très responsables, ils ont accepté cet aménagement qui est dépendant malgré tout de décision nationale puisqu'il faut que l'on s'assure qu'il sera possible juridiquement de procéder de cette forme. Ça permettra aux clubs de football de pouvoir passer, on l'espère, ce cap particulièrement difficile. 

C'est une réduction de salaire temporaire durant ce mois d'avril puisque les sommes non perçues par les joueurs leur seront versées en fin de saison si tout rentre dans l'ordre, c'est ça l'idée?

Soyons clair : les joueurs sont au chômage partiel et le chômage partiel, c'est 70 % du brut comme tous les salariés français. Sauf que l'Etat a déplafonné le minimum à verser et qu'aujourd'hui, quand il verse quatre fois le SMIC, on est loin du salaire d'un joueur de foot donc on ne parle pas du complément des 30 %. Comme pour tous les salariés, il est abandonné par les joueurs. On parle bien d'une partie de ces 70 %. Les joueurs ne sont pas des privilégiés. Le reste de leur chômage partiel leur sera versé en décalage. Car les salaires du football sont évidemment plus élevés que dans des entreprises traditionnelles.

C'est une recommandation ou une obligation ?

C'est un contrat de travail. On est exactement comme la "vraie vie" si je peux dire. Et comme tout contrat de travail, il doit faire l'objet d'un avenant puisque nous sommes sur quelque chose qui déroge à la loi générale.

Le joueur peut-il refuser ?

Oui mais très honnêtement, l'UNFP (l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels) qui a traité avec nous et qui représente 95 % des joueurs français, va faire passer le message à ses adhérents. À Reims, mes joueurs ont compris la gravité de la situation et sont plutôt ouverts à cet aménagement.

Ce geste qui va soulager la trésorerie des clubs va-t-il "sauver" certains clubs français ?

A partir du moment, comme dans toutes les entreprises françaises, que vous n'avez aucune rentrée d'argent, si tout le monde ne fait pas des efforts pour décaler les dépenses, on ne pourra pas y arriver. Alors le verbe "sauver" est d'actualité puisqu'un club, qui n'a aucune rentrée, ne peut pas avoir une bonne trésorerie, malgré les mesures, les prêts qui sont consentis par l'Etat pour couvrir en totalité les masses salariales sur la durée. C'est un geste très appréciable pour nos comptabilités.