Arrêt de la Ligue 1 : des clubs dénoncent la décision "brutale" du gouvernement

A la différence de la compétition de football française, les championnats allemand, italien, espagnol et anglais ont tous enclenché la reprise.

Des gradins vides du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 30 mai 2020.
Des gradins vides du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 30 mai 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

"On a été mis devant le fait accompli". Plusieurs dirigeants de clubs de Ligue 1 se sont interrogés, lundi 1er juin, quant à l'arrêt définitif de la saison de football en raison de l'épidémie de coronavirus, un choix qu'ils jugent "assez brutal" et désormais irréversible, et dont ils attribuent la responsabilité au gouvernement. "Sur quelle base le gouvernement a-t-il pris cette décision ?", s'est demandé le président du club de Lille Gérard Lopez lors d'une conférence de presse téléphonique de Première Ligue, syndicat regroupant la majorité des présidents de Ligue 1.

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Accompagné de Bernard Caïazzo (Saint-Etienne) et Waldemar Kita (Nantes), Lopez a dénoncé le manque de "concertation" ayant précédé l'annonce par le Premier ministre Edouard Philippe le 28 avril selon qui "la saison des sports professionnels, notamment de football, ne pourra pas reprendre". Deux jours plus tard, la Ligue de football professionnel actait la fin de la saison 2019-2020, décision contestée depuis lors par Jean-Michel Aulas, président de Lyon.

Quatre championnats voisins ont repris

"On n'a pas la responsabilité (de l'arrêt de la saison), celui qui l'a c'est le Premier ministre et le gouvernement. Il a des informations que nous n'avions pas", a insisté Bernard Caïazzo, le président du syndicat Première Ligue. "On peut se demander si le gouvernement n'a pas décidé trop vite. Y a-t-il eu concertation avec les clubs ? Non. Y a-t-il eu concertation avec les autres pays ?"

"Début avril, on était les seuls sur les cinq grands championnats à faire la proposition de reprendre le championnat. On était en avance et on s'est foutu de [nous]. On était la locomotive et les autres pays nous ont suivi plus tard… Mais malheureusement, nous, on est restés sur place", a regretté Waldemar Kita alors que les championnats allemand, italien, espagnol et anglais ont tous enclenché la reprise.

Est-il possible de faire machine arrière pour terminer la saison, comme l'espère Jean-Michel Aulas ? "Aujourd'hui, pour des questions organisationnelles, c'est trop dur (...) on sait que pour reprendre, les joueurs auraient besoin de deux mois de préparation", estime Waldemar Kita, soulignant aussi que de nombreux joueurs sont à l'étranger. "Des diffuseurs, nous n'en avons plus", souligne Bernard Caïazzo, alors que Canal+ et BeIN Sports ont rompu leur contrat de diffusion des championnats. "Cela nécessiterait une mobilisation générale sans aucun soutien financier (...) On ne peut pas faire machine avant, puis machine arrière".