Arrêt de la Ligue 1 : "Bien sûr que ce sont des questions d'argent qui vont pousser les clubs à se positionner", répond Roxana Maracineanu à propos des recours

"Il faut penser à l'intérêt général du football et pas aux intérêts particuliers des clubs", a rappelé samedi sur franceinfo la ministre des Sports, après les propos de Jean-Michel Aulas sur la décision d'arrêter la Ligue 1 de football.

La ministre des Sports Roxana Maracineanu à l\'Elysée, le 26 février 2020.
La ministre des Sports Roxana Maracineanu à l'Elysée, le 26 février 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le football français a suivi jeudi 30 avril les injonctions gouvernementales en actant l'arrêt définitif de sa saison de Ligue 1, à cause de l'épidémie de coronavirus. Mais prendre les classements tels qu'ils étaient avant le confinement dans le foot et le rugby ne convient pas à tout le monde. Certains s'estiment lésés et prévoit des recours. C'est le cas de l'Olympique Lyonnais, dont le président Jean-Michel Aulas affirme que ce n'est pas une question d'argent. "Bien sûr que ce sont des questions d'argent qui vont pousser les clubs à se positionner", a réagi samedi 2 mai sur franceinfo Roxana Maracineanu, ministre des Sports. "Il faut penser à l'intérêt général du football et pas aux intérêts particuliers des clubs."

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"J'entends que des grandes sommes sont en jeu, mais des grandes sommes à l'échelle du football professionnel et du sport en général, sont remises en cause", poursuite la ministre des Sports. "Dix-neuf milliards d'euros de perte pour tout le secteur du sport. Il vaut mieux se réassurer sur des contrats qui vont pouvoir se mettre en place et qui sont importants pour le football professionnel et qui vont bénéficier au sport en général", a-t-elle rétorqué.

Le mode de calcul du classement retenu par la Ligue 1 est un "indice de performance" basé sur un quotient "nombre de points par matches joués". Paris est sacré, Lyon est privé d'Europe et Toulouse est relégué. "Ce n'est pas à moi de considérer ce qui est juste ou pas", a expliqué Roxana Maracineanu. "Il y a des règlements fédéraux. Nous sommes là pour appuyer les fédérations et les aider à changer ces règlements en cours d'année. Il y aura sans doute des recours dans le monde professionnel, amateur, c'est le jeu, mais en même temps on est là pour assurer les fédérations dans les décisions qu'elles prennent."

Requestionner le modèle économique du sport professionnel

Le modèle économique des clubs des sports qu'ils soient professionnels ou amateurs a été mis à mal par l'épidémie de coronavirus. "Les clubs doivent réfléchir à être plus prévoyants", a estimé Roxana Maracineanu. Dans le milieu du football, "on voit que la situation est difficile avec les droits télé, 300 millions d'euros quasiment qui ne vont pas rentrer au final." L'absence de billetterie est un coup dur "pour les clubs pro et les clubs amateurs qui faisaient leurs matchs avec les buvettes." Pour aider les clubs, "l'Etat est au côté du monde professionnel de même qu'il l'est du côté associatif." Cette crise est l'occasion de "penser aux effectifs dans certains clubs, à la valorisation de la formation française et de se questionner sur la masse d'argent qu'on donne directement aux joueurs de football alors qu'il vaudrait peut-être mieux le répartir entre des investissements et un peu d'épargne."

Le sport amateur n'a pas les mêmes moyens que le sport professionnel. 63% des associations ont un budget inférieur à 10 000 euros. Beaucoup s'inquiètent de la suite. "On a travaillé avec les collectivités, l'Agence nationale du sport pour que tout le monde maintienne ses subventions. Ce sera aussi le levier pour faire repartir le monde associatif. Beaucoup de mairie vont proposer que les associations interviennent aux côtés des écoles. Par la suite, on veillera à ce que les sponsors privés continuent à s'investir", a déclaré Roxana Maracineanu.