Application StopCovid : "Nous avons absolument besoin de ce regard", affirme le président du syndicat de médecins généralistes MG France

Selon Jacques Battistoni, les généralistes effectuent déjà une forme de surveillance en mentionnant les contaminations au coronavirus sur les arrêts de travail. Pour lui, l'application envisagé par le gouvernement donnera une "vision d'ensemble".

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Radio France
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En France, le gouvenement envisage la mise en place d'une application pour suivre les déplacements des malades du Covid-19 mais elle suscite déjà des craintes sur une possible surveillance de masse. (INA FASSBENDER / AFP)

"Nous avons absolument besoin de ce regard", affirme sur franceinfo, samedi 2 mai, le président du syndicat de médecins généralistes MG France, Jacques Battistoni, au sujet de la possible mise en place d'une application retraçant les déplacements et contacts des malades du coronavirus. Pour lui, il faut être en mesure de repérer rapidement la formation de nouveaux foyers d'infection, ce qui passe par une surveillance accrue des nouveaux cas de Covid-19.

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franceinfo : Qu'est-ce que le gouvernement attend de vous ?

Jacques Battistoni : Nous allons faire notre travail de tous les jours, continuer de recevoir des patients qui ont peut-être un Covid, à qui nous allons faire un diagnostic. À partir de ce diagnostic, nous allons prescrire un test. Ce test nous dira si ces patients sont effectivement atteints du Covid-19 ou pas et en fonction du résultat du test, nous ferons des mesures de soin et d'accompagnement pour ce patient, ainsi qu'une recherche de cas-contacts afin de protéger l'entourage de ce patient.

Comment va se passer cette recherche ? C'est vous qui en serez chargés ou bien l'Assurance maladie comme l'a évoqué Olivier Véran ?

Le médecin généraliste va initier cette recherche. Il va faire le premier pas. Il ne va pas tout faire car ce n'est pas son travail de faire une enquête. Par contre, il connaît l'entourage du patient. Il connaît les gens avec qui il vit, les gens qu'il a pu rencontrer et dans ce cas-là il va contribuer à cette enquête en apportant les éléments dont il a connaissance. Éventuellement, s'il s'agit de gens qu'il connaît bien, il les appellera lui-même et passera le relais à l'Assurance maladie.

Est-ce que vous comprenez les craintes autour de l'existence de fichiers de données personnelles ?

Nous sommes dans un cas que l'on connaît déjà. Quand un patient vient nous voir, par exemple un patient atteint du Covid-19, nous lui fournissons un arrêt de travail s'il est salarié et dans cet arrêt de travail nous indiquons le motif. Ça nous est demandé par l'Assurance maladie mais aussi par le gouvernement. Nous indiquons "Covid-19". Le fait qu'il travaille implique donc cette mention, ça ne sera pas très différent pour nous.

Quel regard portez-vous sur les polémiques concernant l'application "Stop Covid" ?

Dans cette histoire, nous sommes face à un incendie. Aujourd'hui, nous avons réussi à éteindre le feu. Par contre, il peut y avoir, ça ou là, des réapparitions de foyers épidémiques donc c'est extrêmement important d'être vigilants. Et comment pouvons nous être vigilants si nous n'avons pas une vision d'ensemble ? Si nous ne sommes pas capables, dans un territoire donné, de repérer où il se passe quelque chose ? Nous avons absolument besoin de ce regard et ce regard est forcément apporté par l'existence d'un fichier qui centralise ces renseignements.

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