Allocution d'Édouard Philippe : "Qu'a fait le gouvernement du 15 janvier au 15 mars ?" demande le centriste Hervé Morin

L'ancien ministre de la défense pointe les consignes contradictoires pour le port du masques, les tests et demande d'une manière générale "une analyse départementale, plus décentralisée" pour procéder au déconfinement.

Le président du parti Les centristes et de la région Normandie, ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, le 1er septembre 2019.
Le président du parti Les centristes et de la région Normandie, ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, le 1er septembre 2019. (LOU BENOIST / AFP)

Le président du parti Les Centristes n'est pas convaincu par les grandes lignes du déconfinement dévoilées dimanche 19 avril par le Premier ministre."Qu'a fait le gouvernement du 15 janvier au 15 mars ?" s'interroge Hervé Morin sur franceinfo. 

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"Aujourd'hui, on nous explique qu'il faut des masques, alors que pendant très longtemps on nous a dit qu'il n'en fallait pas. On nous explique qu'il va falloir procéder à des tests à raison de 500 000 par semaine alors qu'on nous a dit que ce n'était pas utile", constate l'ancien ministre de la Défense. Des masques, Hervé Morin en a acheté près de 2,75 millions pour le personnel soignant de la région Normandie qu'il préside. "Nous avons demandé à toutes les filières économiques et organisations patronales de nous faire remonter leurs besoins car beaucoup de chefs d'entreprises se sentaient incapable de proposer à leurs salariés de reprendre le travail sans protection", explique le président du parti Les Centristes. "Je vais écrire demain aux maires de Normandie pour leur proposer l'aide de la Région en fournitures de masques à la population".

Il faut une "analyse départementale, plus décentralisée"

Mais va se poser la problématique de leur port dans les transports, s'inquiète Hervé Morin. "Le réseau ferroviaire français est complètement saturé. L'idée qu'on pourrait mettre des trains en plus pour avoir moins de densité dans chaque rame, c'est absolument impossible." Le transport, cette fois-ci scolaire, avec la problématique de la réouverture des écoles le 11 mai, va également poser problème, selon le président de la région Normandie. "Beaucoup d'enfants, notamment dans nos campagnes, sont transportés par bus. Là aussi, on n'est pas capable de doubler ou tripler le nombre de bus si on décidait de scolariser à nouveau tous les enfants."

C'est la Région qui s'occupe des lycées. Mais à propos de leur réouverture, "je n'ai toujours pas compris comment on allait faire", avoue Hervé Morin. "Je pense qu'une analyse départementale, plus décentralisée, s'impose pour ce qui est de la réouverture des établissements scolaires, de la remise en route des transports car certains départements sont moins frappés que d'autres par le coronavirus."

Pour Hervé Morin, le déconfinement "ne sera pas le même partout. Idem pour la question économique. Par exemple, je ne suis pas convaincu qu'il faille fermer les bars et les restaurants de la même façon dans tous les départements de France, en fonction de l'état de la pandémie".