Allocution d'Edouard Philippe : "On veut une garantie sanitaire", "Encore assez flou", "Laisser la parole au terrain", les réactions des syndicats de parents et d'enseignants

Les syndicats d'enseignants et de parents d'élèves restent inquiets par rapport au retour en classe des élèves lors du déconfinement, dont les modalités n'ont pas assez été expliquées, selon eux, par le Premier ministre Edouard Philippe.

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Radio France
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Conférence de presse du dimanche 19 avril 2020, à Matignon. (ANTOINE DENÉCHÈRE / RADIOFRANCE)

Le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué dimanche 19 avril que le gouvernement réfléchissait à une réouverture des écoles "par territoire", en commençant par les zones les moins touchées par le Covid-19, ou bien "par moitié de classe" en vue du début de déconfinement prévu le 11 mai. "Cela reste encore assez flou", pour Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, syndicat d'enseignants, sur franceinfo. 

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"Il y a effectivement quelques hypothèses qui ont été posées ce soir, mais derrière ces hypothèses, rien n'a été dit sur les conditions mises en œuvre, notamment les conditions de santé et de sécurité", poursuit l'enseignante. "Par exemple Edouard Philippe a évoqué la possibilité de faire revenir les classes par demi-groupes, sauf que lorsque l'on réfléchit à la présence de demi-groupes, ou de plusieurs demi-groupes dans un collège ou un lycée, vient tout de suite la question, par exemple, de la circulation dans les couloirs, celle de la cour de récréation, de la demi-pension. On sait que, dans ces endroits-là, même s'il y a un peu moins d'élèves, il y a quand même du monde qui se croise et pour toutes ces questions-là, on n'a pas de réponse", estime Sophie Vénétitay.

15 élèves, "beaucoup trop" pour le SNUipp-FSU

"Dans une classe de 30, ça nous fait un demi-groupe à 15, c'est beaucoup trop pour avoir de la distanciation", souligne Francette Popineau, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU, le principal syndicat d'enseignants en primaire.

Dans la prise du parole du premier ministre, "il y a moins d'emballement que dans ce que l'on a pu comprendre de l'allocution présidentielle. On ressent d'ailleurs dans l'ensemble du discours, plus de prudence parce que l'on sent effectivement qu'autour du 11 mai, il y a encore beaucoup d'incertitudes sur là où nous en serons, de la courbe de l'épidémie, etc", estime la porte-parole du SNUipp-FSU.

L'enseignante regrette également le manque de précisions sur les mesures de protection sanitaire pour les adultes et les enfants, tout en appelant à "ne pas se tromper de débat" : "Les enseignants envisagent de reprendre la classe avant les vacances. Ils le souhaitent parce que c'est important de finir l'année avec les élèves. L'enseignement à distance, je crois que tout le monde en a assez. On voudrait retourner dans les classes, mais on veut une garantie sanitaire."

C'est sur le terrain, en fonction de chaque établissement, qu'il faut voir les spécificités

Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP

Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP, Fédération des parents d’élèves de l'enseignement public, se dit, lui, favorable à un allégement du nombre d'élèves dans les établissements lors de la reprise. "Je pense que la solution, c'est d'aller progressivement, d'accueillir une partie des élèves d'abord dans chaque niveau"estime le représentant de la fédération de parents d'élèves

Pour Hubert Salaün, il faudra également faire des distinctions en fonction des établissements. "On ne va pas faire le même traitement pour un petit collège rural dans lequel il y a 200 élèves et où les élèves ont une heure de trajet le matin pour aller à l'école et un gros collège de centre-ville." Le porte-parole de la PEEP invite à "vraiment cadrer au niveau national et laisser la parole au terrain pour trouver ce qui est le plus favorable en travaillant avec les collectivités locales."

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