Allocution d'Edouard Philippe : "Il n'a pas dit un mot sur les 4 000 médecins libéraux qui ont été touchés", déplore le président de la Fédération des médecins de France

Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, président de la Fédération des médecins de France aurait souhaité entendre plus de marques d'attention de la part du Premier ministre, dans son alluction du 19 avril, pour les médecins de ville.

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Radio France
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Un médecin durant une consultation dans un centre Covid-19 à Tinténiac (Ille-et-Vilaine).  (DAMIEN MEYER / AFP)

Edouard Philippe confirme un déconfinement "très progressif" à partir du 11 mai. Le Premier ministre a indiqué lors d'une conférence de presse, le 19 avril, que les modalités du déconfinement seront présentées "d'ici deux semaines". Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, président de la Fédération des médecins de France regrette sur franceinfo le manque de marques d'attention pour les médecins de ville.

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"J'ai noté qu'il saluait le courage des soignants, le dévouement des soignants dans les hôpitaux. Mais il n'a pas dit un mot sur les 4 000 médecins libéraux qui ont été touchés, sur les 16 décès des médecins libéraux", souligne Jean-Paul Hamon. "Je n'ai pas le chiffre pour les infirmières libérales, je n'ai pas de chiffres pour le personnel des Ehpad, mais ce serait bien qu'on s'y intéresse et qu'on salue aussi ces gens-là qui sont en première ligne et qui sont allés au casse-pipe avec des masques qui étaient des passoires".

Des "incohérences" dans le discours du Premier ministre

Le président de la Fédération des médecins de France a par ailleurs noté deux "incohérences", lors de l'allocution du Premier ministre. "L'une sur le fait que les cabinets médicaux ne sont pas fréquentés et qu'il va y avoir des risques de retard au diagnostic, et le fait de dire que les malades chroniques pourront se faire renouveler leurs ordonnances sans passer par le médecin. Je vois mal des diabétiques, des gens coronariens, des gens qui ont des leucémies, ne pas venir pendant six mois sans faire le moindre examen." Le médecin invite donc les malades à se rendre dans les cabinets, qui assurent, dit-il, entre 20 et 40 % de leur activité normale. Les cabinets "se sont organisés pour que les patients ne se croisent plus. Il n'y a plus d'attente dans les salles d'attente. On a espacé les rendez-vous. Si les gens toussent ou s'ils ont de la fièvre et qu'ils ont échappé au contrôle du secrétariat, on a des masques qui nous ont été offerts par des entreprises et ce sont des masques qui sont d'une efficacité courte, mais qui rendent service."

Autre interrogation pour Jean Paul Hamon, "Pourquoi rendre les masques obligatoires dans les transports et ne pas les rendre obligatoires ? Encore une fois, est-ce que c'est le discours, car on ne dispose pas encore de masques ? Il faut vraiment qu'on dise aux Français de porter des masques. Cela protège quand même et cela évite surtout la contamination".

Le médecin note l'importance des initiatives locales. "J'ai eu connaissance des couturières de Meudon, qui sont 160 et qui cousent des masques, avec des dons qui sont faits par les gens qui leur donnent des housses de couette, du coton, etc. C'est comme ça qu'on va se débrouiller. Il ne faut pas attendre que l'Etat arrive avec des masques."

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