Alcool, tabac, produits gras et sucrés : les Français disent avoir limité leurs consommations pendant le confinement, selon notre baromètre

D'après le baromètre santé Odoxa-FG2A, la part des Français se livrant à de mauvaises pratiques de consommation a drastiquement baissé pendant le confinement. En revanche, peu de Français en ont conscience et les comportements à risque ne sont plus aussi mal vus.

Illustration d\'un homme tenant une cigarette, le 6 juillet 2010.
Illustration d'un homme tenant une cigarette, le 6 juillet 2010. (PATRIK STOLLARZ / AFP)

Le confinement a joué un rôle très positif en matière de santé en limitant drastiquement la part de Français se livrant à de mauvaises pratiques. C'est ce qui ressort du dernier baromètre santé Odoxa-FG2A* pour franceinfo et le Figaro Santé publié lundi 8 juin.

Les Français ont été moins nombreux à boire, à manger gras, sucré et salé et même moins nombreux à fumer. Ainsi, 57% d'entre eux disaient boire de l'alcool de façon régulière ou occasionnelle avant le confinement. Ils sont une petite moitié (51%) à le reconnaître après le confinement. La part des Français consommant des produits gras ou sucrés a également baissé, passant de 79% à 76%. De même, 48% des personnes interrogées affirmaient consommer des produits fortement salés avant le confinement. Cette part a baissé à 43% depuis le déconfinement. On enregistre également un recul des fumeurs réguliers ou occasionnels, de 27% à 23% entre les deux périodes.

En revanche, le confinement n'a eu aucun effet notable sur la part de Français fumant du cannabis ou consommant des médicaments potentiellement dangereux. À noter encore que la pratique du sport n'a pas été affectée par le confinement. Il y a toujours deux Français sur trois à pratiquer une activité physique régulière.

Prise de poids et des comportements à risque relativisés

En revanche, la sédentarité imposée pendant le confinement a eu pour conséquence une prise de poids marquée des Français, 35% d'entre eux soulignent avoir pris, en moyenne, 3,2 kg. Un sur cinq a même pris plus de 5 kg. Ils sont deux fois moins nombreux (18%) à avoir perdu du poids. Malgré les bénéfices santé apportés par le confinement, les Français n'en ont pas conscience. Près de six sur dix (58%) estiment que cela n'a rien changé à leurs pratiques santé.

Le confinement et la crise sanitaire ont en revanche largement relativisé la gravité perçue par les Français sur les comportements à risques. Ils étaient par exemple huit sur dix avant le confinement à trouver vraiment grave de consommer du tabac. Ils ne sont plus aujourd'hui que les deux tiers (66%) à avoir ce jugement. Ce relâchement est de 13 points sur la consommation d'alcool (50% contre 63%), de 12 points sur la prise fréquente de médicaments ou d'anxiolytiques (51% contre 63%) et la moitié de Français (50%) jugeaient encore vraiment grave de consommer des produits fortement salés avant le confinement. Ils ne sont plus que 36% après.

Arbitrage entre bénéfices et risques

Selon cette enquête, les améliorations de comportements doivent s'inscrire dans la durée. Globalement, les Français interrogés après le confinement affirment qu'ils n'ont pas amélioré leurs comportements et ne comptaient pas le faire à l'avenir. Mais seulement 15% disent que le confinement les a incités à être moins vigilants sur les mesures de prévention.

C'est l'arbitrage entre bénéfices et risques qui est mis en avant pour justifier la poursuite de mauvais comportements. 56% des personnes interrogées expliquent qu'elles ne modifieront rien parce que leur consommation de ces produits leur semble suffisamment faible pour ne pas présenter un trop grand danger pour leur santé. Même s’ils nuisent à leur santé, 23% expliquent que ces comportements leur procurent un tel plaisir qu'elles préfèrent ne pas en changer.

Responsabilisation des individus

Par ailleurs, l'expérience du confinement pousse les Français à demander davantage de responsabilisation des personnes ayant des comportements dangereux pour leur santé. Pour 46% des personnes interrogées, c'est à chacun de se prendre en main, plutôt que de compter sur l'État (23%). À titre de comparaison, avant le confinement, 30% des Français mettaient la responsabilisation individuelle en avant. D’ailleurs, 84% des Français demandent une responsabilisation accrue des personnes ayant des comportements dangereux pour leur santé en raison des coûts importants pour la collectivité. Certains demandent même des mesures punitives pour les contrevenants. Ils sont 70% à exiger, en contrepartie de leurs soins, qu’ils cessent leurs comportements à risques et 61% demandent une augmentation du prix du tabac.

Enfin, selon cette enquête, près de deux Français sur trois (63%) estiment que l'État ne tient pas suffisamment compte de l'avis des scientifiques en matière de santé. Mais les choses s'améliorent un peu depuis le déconfinement. Ils étaient 70% à avoir cet avis avant la crise. À l'inverse, la perception de l'utilité de l'OMS a baissé avec la crise. 67% des personnes interrogées depuis le déconfinement estiment que l'Organisation mondiale de la santé joue un rôle utile pour la prévention et la promotion de la santé. Elles étaient 75% avant le confinement à trouver l'OMS utile.

*Ce baromètre santé Odoxa-FG2A pour franceinfo et "Le Figaro Santé" a été réalisé par internet les 12 et 13 mars sur un échantillon de 1 005 personnes représentatives de la population française âge de 18 ans et plus, et les 13 et 14 mai 2020, sur un échantillon de 1 003 personnes.