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Aéronautique : "Nous ferons au mieux pour éviter des licenciements durs" en France, assure le directeur général de Safran Philippe Petitcolin

La décision de supprimer des postes en France dépendra des mesures prises par le gouvernement pour aider le secteur, selon Philippe Peticolin, le directeur général de Safran, invité mardi 9 juin sur franceinfo, 

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Le directeur général de Safran, le 6 février 2019 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Le directeur général de Safran, le 6 février 2019 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). (THOMAS SAMSON / AFP)

Alors que Safran a vu son chiffre d'affaires chuter de 50% en avril à cause de la crise du coronavirus, son directeur général Philippe Petitcolin explique qu'il ne peut pas s'engager à maintenir l'emploi en France. “Nous ferons au mieux pour éviter des licenciements durs, mais aujourd'hui vous n'aurez pas d'engagement de ma part”, a déclaré mardi 9 juin sur franceinfo le patron du géant de l'aéronautique, qui fabrique notamment des moteurs d'avion et qui emploie 95 000 salariés, dont 45 000 en France. Philippe Petitcolin assure que cela dépend des mesures que le gouvernement prendra dans les prochaines semaines, et notamment la prolongation du chômage partiel.

franceinfo : L'Etat va vous aider avec le chômage partiel longue durée, avec des aides publiques dont 3 milliards d'euros d'investissements directs. Allez-vous supprimer des emplois ?

Philippe Petitcolin : Nous avons malheureusement été contraints de nous séparer de plusieurs milliers de personnes à l'international. En France, par contre, nous espérons que les mesures gouvernementales nous permettront, si nous trouvons des accords particuliers avec nos organisations syndicales, de passer cette crise sans licenciements économiques.

Que proposez-vous aux salariés et à leurs représentants ? Des baisses de salaire ?

Pour l'instant il faut reprendre les mesures gouvernementales. Il doit y avoir confirmation du chômage partiel de longue durée, c'est quelque chose qui est en discussion entre le ministère du Travail et les organisations syndicales, donc j'espère qu'ils arriveront dans les deux semaines qui viennent à un accord, ce qui nous amènerait déjà beaucoup d'oxygène. Et puis, il y a des mesures spécifiques, des mesures d'âge par exemple, il y a l'aide du gouvernement au niveau de l'innovation qui nous permettra de protéger des emplois d'ingénieur, en particulier dans le domaine de la recherche et de l'innovation. Donc il y a plusieurs choses qui, à la fin des fins je l'espère, devraient nous permettre de passer cette crise sans licenciements économiques. Je n'en suis pas certain aujourd'hui.

Quels engagements prenez-vous sur l'emploi ?

Sur l'emploi, nous ferons au mieux pour éviter des licenciements durs, mais aujourd'hui vous n'aurez pas d'engagement de ma part parce que les choses ne sont pas claires. Le chômage longue durée, j'espère qu'il pourra encore être en vigueur pour les entreprises du secteur aéronautique en 2021 et 2022, mais ce n'est pas quelque chose qui est acté à ma connaissance.

Le directeur général de Safran, le 6 février 2019 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
Le directeur général de Safran, le 6 février 2019 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). (THOMAS SAMSON / AFP)