60 millions d'Italiens confinés face au coronavirus : "Nous faisons en sorte de ne pas être dans la situation de devoir prendre ce type de décisions", explique Olivier Véran

Pour le ministre de la Santé, invité du "8h30 franceinfo" mardi, "les décisions que l'Italie prend sur une partie de son territoire sont clairement liées à la saturation de ses urgences et de ses réanimations".

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

"Nous faisons en sorte de ne pas être dans la situation de devoir prendre ce type de décisions", a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran, mardi 10 mars sur franceinfo, alors que 60 millions d'Italiens sont priés de rester chez eux à compter de mardi afin de lutter contre le coronavirus Covid-19.

"Ce que je peux vous garantir, c'est que nous continuons à faire ce que nous faisons depuis plusieurs semaines : nous anticipons, nous adaptons et nous regardons ce qui se passe à l'étranger", a expliqué Olivier Véran.

"Des réponses graduées et adaptées"

"Le principe, c'est le freinage, explique le ministre de la Santé, repousser le moment où l'épidémie apparaît dans notre pays, faire en sorte que l'épidémie soit la plus courte possible et qu'elle soit la plus petite possible, c’est-à-dire qu'on ait le minimum de malades en même temps pour ne pas saturer notre système de santé". Olivier Véran souligne que "c'est la situation telle qu'elle est vécue par l'Italie aujourd'hui, et les décisions que l'Italie prend sur une partie de son territoire sont clairement liées à la saturation de ses urgences et de ses réanimations".

Face au coronavirus, "nous prenons des réponses graduées et adaptées à chaque territoire", a expliqué Olivier Véran. "Dans une zone où le virus circule beaucoup, nous conseillons aux personnes qui sont fragiles, âgées, de ne pas sortir, nous conseillons aux personnes qui le peuvent de faire du télétravail pour ne pas se déplacer en dehors des zones où le virus circule beaucoup. Le ministre de la Santé rappelle que "nous fermons les écoles, nous fermons les crèches, nous avons arrêté tous les rassemblements collectifs sur une durée de plusieurs semaines".

"La différence avec l'Italie, c'est que nous n'empêchons pas la vie sociale, économique, démocratique, lorsqu'elle est possible de continuer", a-t-il souligné. Olivier Véran a toutefois prévenu : "Je ne peux pas vous dire, a priori et de façon définitive, si dans une semaine nous serons amenés ou non à prendre d'autres décisions."

Olivier Véran, ministre de la Santé, était l\'invité du \"8h30 franceinfo\" mardi 10 mars 2020
Olivier Véran, ministre de la Santé, était l'invité du "8h30 franceinfo" mardi 10 mars 2020 (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)