100% des billets SNCF dès la mi-juin : le retour à la normale "va dans le sens de l'histoire", la situation "était un petit peu intenable", affirme SUD Rail

"Aujourd'hui, le grand absent dans l'aide" de l'Etat, "c'est le ferroviaire et c'est la SNCF, déplore toutefois sur franceinfo Fabien Villedieu, le délégué syndical SUD Rail.

Une passagère en gare de Lille Flandres, le 28 mars 2020.
Une passagère en gare de Lille Flandres, le 28 mars 2020. (AURÉLIEN ACCART / RADIO FRANCE)

A la SNCF, "100%" des billets de trains" seront à nouveau en vente "à partir de la mi-juin", a annoncé dimanche 31 mai le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. "C'était une position qui était un petit peu intenable", a réagi sur franceinfo Fabien Villedieu, le délégué syndical SUD Rail à la gare de Lyon. "Tout le monde avait compris que dans les avions, on pouvait s'entasser et remplir 100% des sièges, ce qui n'était pas le cas des TGV de la SNCF", souligne Fabien Villedieu.

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"Cela devenait de moins en moins tenable, y compris au risque de mettre la SNCF dans une situation financière complètement compliquée". Le délégué syndical pointe "des injonctions contradictoires" de la part du gouvernement. "On demande à la SNCF de ne pas creuser sa dette, mais on lui demande de remplir à moitié." Selon lui, le retour à la normale "va dans le sens de l'histoire".

La SNCF a déjà perdu "entre deux et trois milliards d'euros" en raison de la crise de l'épidémie, rappelle Fabien Villedieu. Il relève "un manque important" dans les déclarations de Jean-Baptiste Djebbari. "On a bien vu le gouvernement aider l'aviation, notamment Air France, via un prêt de plus de sept milliards. On a vu également l'Etat aider l'automobile. Aujourd'hui, le grand absent dans l'aide, c'est le ferroviaire et c'est la SNCF." 

Le train, c'est le mode de transport le plus écologique qui soit. Donc il est un peu dommage que ce mode-là ne soit pas aidé au moment où il en a le plus besoin.Fabien Villedieuà franceinfo

Fabien Villedieu craint des suppressions de postes à la SNCF, mais il rappelle que "tous les ans, il y en a entre 2 000 quand c'est une bonne année, 3 000 quand c'est une mauvaise année". Avec la crise, "on aurait pu avoir une fourchette de 3 000 à 4 000 suppressions de postes. Cela aurait été une catastrophe".

Le délégué syndical SUD Rail à la gare de Lyon estime que la compagnie "aurait pu annoncer un plan de transport bien supérieur à ce qu'elle annonce". Si elle n'y arrive pas, c'est qu'il y a "un problème d'effectifs" :  "Depuis de nombreuses années, on a supprimé des postes notamment au matériel". Fabien Villedieu prend justement l'exemple du matériel où les agents ont "du mal à ce que les rames qui ont été garées pendant deux mois puissent être opérationnelles, justement parce qu'on a des problèmes de d'effectif". Et le syndicaliste ajoute que "si en plus, on nous avait annoncé encore des suppressions de postes, ça nous aurait mis dans des situations très difficiles."