Levothyrox : "C'est l'urgence qui me fait déposer plainte rapidement", selon l'avocate des plaignants

Marie-Odile Bertella-Geffroy, avocate de l’Association française des malades de la thyroïde, est revenue, mercredi pour franceinfo, sur la plainte déposée par une cinquantaine de patients contre le Levothyrox.

Des personnes ont protesté, vendredi 8 septembre 2017, à proximité de l\'Assemblée nationale contre la nouvelle formule du Levothyrox.
Des personnes ont protesté, vendredi 8 septembre 2017, à proximité de l'Assemblée nationale contre la nouvelle formule du Levothyrox. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Il faut "qu'il y ait un achat de stocks dans les pays européens, qui ont tous gardés cette ancienne formule, pour que les patients qui ont ces effets secondaires retournent à l'ancien médicament", a demandé Marie-Odile Bertella-Geffroy, avocate de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), mercredi 14 septembre sur franceinfo, à propos du Levothyrox.

Une cinquantaine de patients ont porté plainte contre X, jeudi, auprès du pôle santé du Parquet de Paris pour "non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui". Une enquête de pharmacovigilance est déjà en cours. Ses conclusions seront rendues en octobre. Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après un cancer de la thyroïde.

franceinfo : Quels problèmes posent la nouvelle formule du Levothyrox ?

Marie-Odile Bertella-Geffroy : Ce ne sont pas trois millions de Français qui sont impactés, mais certaines personnes. Elles sont très nombreuses et ont des effets secondaires importants, des céphalées, des crampes, des pertes de cheveux, des fatigues extrêmes. Ces problèmes ont débuté juste après l'achat de la nouvelle formule.

Pourquoi déposer une plainte ?

La plainte peut permettre une enquête de police spécialisée sur les conditions de changement de formule et faire des expertises scientifiques, avec des experts indépendants, sur ce qu'il y a dedans. Dans d'autres pays, comme le Danemark ou la Nouvelle-Zélande, ce changement d'excipient a été tenté et retiré.

Qu'attendez-vous des autorités sanitaires ?

Il faudrait qu'il y ait un achat de stocks dans les pays européens, qui ont tous gardé cette ancienne formule, pour que les patients qui ont ces effets secondaires retournent à l'ancien médicament.

Est-ce qu'il y a une forme de mépris des malades ou d'indifférence ?

Un peu. Il y a beaucoup de doutes sur leurs malaises. Mais, c'est exactement les mêmes pour tous. Et, il y a des cas très graves du point de vue cardiaque. C'est l'urgence qui me fait déposer plainte rapidement.

"Il faudrait qu'il y ait un achat de stocks dans les pays européens, qui ont tous gardé cette ancienne formule", Marie-Odile Bertella-Geffroy
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