Les nanomatériaux, infiniment petits et potentiellement dangereux

Ils permettent des innovations dans de multiples secteurs, de la cosmétique à l’aéronautique. Mais ils seraient aussi potentiellement dangereux pour la santé, d’après l'ANSES, l'Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire.

(© IP3 PRESS/MAXPPP - Un laboratoire qui travaille sur le traitement des pathologies grâce aux nanotechnologies.)

La crème solaire, le dentifrice, le textile, les pneus de voiture, les batteries, le sucre en poudre… Ils tous composés de nanomatériaux. Ces particules, qui se mesurent en milliardième de mètres, donnent aux matériaux auxquels elles sont incorporées des propriétés physiques, chimiques ou biologiques hors du commun (robustesse, élasticité, adhérence, conductivité, réactivité…). C'est pourquoi elles sont de plus souvent utilisées par les industries, et de plus en plus présentes dans notre quotidien. Sans que l’on connaisse exactement leur impact sur la santé et sur l’environnement.

Absence d'étude épidémiologique

C’est pour cette raison que l’Anses, l'Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire, s’alarme contre ces dangers potentiels dans son dernier rapport. En plus d’études spécifiques "pour évaluer les risques sanitaires des produits ", elle réclame une réglementation européenne plus stricte. Les nanomatériaux destinés à être intégrés dans des produits de consommation seraient tracés, de leur production à leur distribution.

Quels sont les risques ?

Des particules aussi minuscules - entre la taille des atomes et celle des matériaux classiques – peuvent franchir les barrières physiologiques, comme la peau ou les muqueuses. D’après des études menées en laboratoire, les rongeurs exposés à des nanomatériaux ont connu de graves problèmes de santé : "des retards de croissance, des malformations ou anomalies dans le développement ou la reproduction chez des espèces modèles " ainsi que "des effets sur le système nerveux central, des phénomènes d’immunosupression, des réactions d’hypersensibilité et d’allergie ".

282 000 tonnes produites en France

Un certain type de nanomatériaux s’est révélé particulièrement dangereux : les nanotubes de carbones, souvent utilisés dans les raquettes de tennis et certains équipements automobiles. Mais, aujourd'hui, il n'existe pas de données sur la toxicité de ces produits sur l'homme.

Selon un premier recensement officiel pour ce type de matériaux, publié en  novembre, 282 000 tonnes de nanomatériaux ont été produites en France en 2012 et 222 000 tonnes ont été importées.