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Les médecins de Mayotte en grève illimitée contre le désert médical

Ils protestent contre le manque de médecins dans l'archipel et demandent au gouvernement de prendre des mesures pour améliorer l'attractivité du département.

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Le département de Mayotte, dans l'océan Indien, compte environ 250 000 habitants. (SOPHIE LAUTIER / AFP)

Moins de 200 médecins pour 250 000 habitants. Pour protester contre ce désert médical qui s'installe à Mayotte, les praticiens libéraux et hospitaliers de l'archipel ont entamé, lundi 30 septembre, une grève illimitée. Le mouvement est suivi par 95% des libéraux et 80% des hospitaliers, selon les syndicats. Seules les urgences sont assurées au Centre hospitalier de Mayotte (CHM), situé à Mamoudzou, chef-lieu de ce département situé dans l'océan Indien.

"La Lozère est considérée comme un désert médical avec grosso modo 50 médecins pour 70 000 habitants. On compte 30 médecins [libéraux] pour 212 000 habitants recensés et quand on sait que Mayotte frôle les 300 000 habitants plutôt que les 200 000, on se dit c'est plus qu'un désert", argumente le docteur Abdéli Ouadah, du Syndicat des médecins libéraux (SML). "Les médecins partent les uns derrière les autres. S'il n'y a pas de remplaçants d'ici 2 ans ou 3 ans maximum, la médecine libérale sera morte à Mayotte."

Un seul ophtalmologiste libéral

"Le secteur libéral est frappé par de nombreux départs non remplacés : 12 départs en 2012 contre 4 installations, et d'ici la fin de l'année, 4 nouveaux départs sont escomptés contre 2 installations", relève Marie-Hélène Lecenne, directrice de la délégation de l'Agence régionale de santé. Cette pénurie engendre un encombrement dans les cabinets et à l'hôpital.

Certaines spécialités sont encore plus touchées. "Seul généraliste faisant fonction d'ophtalmologiste libéral dans tout Mayotte, je subis une forte pression. C'est également le cas au CHM où il y a un seul ophtalmologiste", explique le docteur Ouadah. Les inégalités sont également géographiques : 10 des 17 communes du territoire n'ont pas de généralistes, et les spécialistes ne consultent qu'à Mamoudzou.

Face à ce constat, les médecins s'inquiètent de l'absence de réaction du ministère de la Santé pour pallier le manque d'attractivité. Ils réclament des exemptions de taxes pour les équipements médicaux, qu'il faut faire venir de métropole. Pour le docteur Ouadah, "il n'y a aucune proposition concrète actuellement" de la part du ministère de la Santé.

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