Les cheveux des femmes bourrés de perturbateurs endocriniens

Une vingtaine de résidus de perturbateurs endocriniens (PE), en moyenne, essentiellement des pesticides, ont été trouvés dans les cheveux de 28 femmes d'Ile-de-France en âge de procréer, selon une étude publiée jeudi.

Une femme observe la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le 6 mars 2010.
Une femme observe la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le 6 mars 2010. (DANIEL THIERRY / PHOTONONSTOP / AFP)

L'étude a passé les cheveux au peigne fin. Et les résultats sont inquiétants. Une vingtaine de résidus de perturbateurs endocriniens (PE), en moyenne, essentiellement des pesticides, ont été détectés dans les cheveux de 28 femmes d'Ile-de-France en âge de procréer, indique une enquête rendue publique, jeudi 12 mars, par l'association Générations Futures.

Les fœtus menacés

Ainsi, 21,35 perturbateurs ont été retrouvés en moyenne par femme, avec, en moyenne toujours, 19,42 pesticides, précise-t-elle. Le nombre de résidus par échantillon de cheveux va de 12 au minimum à 32, au maximum. Les PE, que l'on trouve couramment dans les aliments, les contenants alimentaires, les produits en plastique, les meubles, les jouets, des matériaux de construction et les cosmétiques, pourraient favoriser cancers, diabète, obésité, maladies de la reproduction et retards de développement cérébral. Les fœtus sont plus particulièrement menacés, en raison du transfert des PE de la mère à l'enfant, selon des études ayant montré qu'ils pouvaient augmenter le risque de malformations du système reproducteur.

L'enquête, basée sur l'analyse de cheveux d'une population restreinte et volontaire, vivant en milieu urbain, ne prétend pas être représentative de l'exposition moyenne des femmes d'Ile-de-France. Mais elle vise à montrer "la réalité de l'exposition de la population à des cocktails de perturbateurs endocriniens" susceptibles de perturber le bon fonctionnement hormonal, a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, au cours d'une conférence de presse. "Ce qu'on retrouve dans les cheveux, c'est des substances passées dans le sang dans les trois derniers mois", a-t-il souligné. Générations Futures veut "tirer la sonnette d'alarme" et interpeller les politiques "au niveau national et européen".