Le troisième et dernier greffé d'un cœur artificiel Carmat a quitté l'hôpital

Ce patient a pu regagner son domicile alsacien à la fin de sa période de rééducation.

Le cœur artificiel Carmat, photographié le 24 septembre 2009.
Le cœur artificiel Carmat, photographié le 24 septembre 2009. (FRANCK FIFE / AFP)

Le dernier des trois patients greffés d'un cœur artificiel Carmat a quitté l'hôpital et regagné son domicile alsacien, ont annoncé jeudi 3 septembre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et le concepteur des bio-prothèses. "Le patient a été formé au fonctionnement du système portable et a pu rentrer chez lui après une période de rééducation au sein des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, dans sa région d'origine", ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Le patient, qui souhaite conserver l'anonymat, avait été opéré le 8 avril à l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Il fait partie du premier groupe de quatre malades désignés pour bénéficier d'une bio-prothèse Carmat dans le cadre de la première phase d'un essai clinique. "Les équipes médicales, hospitalières et techniques restent entièrement mobilisées pour continuer à assurer un bon suivi médical", précise le communiqué.

Les deux précédents patients sont morts

Le cœur Carmat est tapissé à l'intérieur d'un revêtement constitué de bio-matériaux tirés de tissus animaux (bovins) pour éviter la formation de caillots sanguins. Il se distingue d'autres modèles de cœur artificiel, notamment par le choix des matériaux inédits, et vise à pallier le manque de greffons.

La première prothèse du genre avait été greffée le 18 décembre 2013 à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris sur Claude Dany, un patient de 76 ans en insuffisance cardiaque terminale, qui a succombé soixante-quatorze jours après l'intervention. Le deuxième, un patient de 69 ans, greffé à l'hôpital de Nantes le 5 août 2014, a vécu deux cent soixante-dix jours durant lesquels il a pu quitter l'hôpital grâce à l'utilisation d'un appareil portatif. Mais, quatre mois après son retour à son domicile, il avait dû être ré-hospitalisé à la suite d'une baisse du débit cardiaque. Il n'avait pas survécu à la tentative de changement de son cœur artificiel.

Selon une première étude scientifique publiée en juillet dans la revue médicale britannique The Lancet, les deux patients n'avaient montré aucune complication imputable à la formation de caillots, alors même que l'un d'entre eux était resté sans traitement anticoagulant pendant une durée de 50 jours. Selon les auteurs de l'étude – le Pr Alain Carpentier, à l'origine du projet, ainsi que les chirurgiens cardiaques Daniel Duveau, Christian Latrémouille et Jean-Noël Fabiani –, les deux décès avaient été causés par la défaillance de composants électroniques dont la source "a été identifiée et corrigée" depuis.