"Le patient de Berlin", premier homme guéri du VIH, est mort d'un cancer

En 2006, cet Américain avait été diagnostiqué d'une leucémie. En 2008 il était devenu le premier homme à guérir de l'infection par le virus du sida.

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Timothy Ray Brown lors d'une conférence de presse, à Washington (Etats-Unis), le 24 juillet 2012.  (T.J. KIRKPATRICK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

L'Américain Timothy Ray Brown, aussi connu comme le "patient de Berlin", était devenu en 2008 le premier homme à guérir de l'infection par le virus du sida. Il est mort d'un cancer à l'âge de 54 ans, a indiqué mercredi 30 septembre la Société internationale sur le sida (IAS). "Ces six derniers mois, Timothy vivait avec une récidive de la leucémie" qui avait notamment atteint son cerveau, mais "était resté à l'abri du virus VIH", a-t-elle souligné dans un communiqué.

Le compagnon de Timothy Ray Brown avait annoncé quelques jours auparavant que ce dernier était en phase teminale. "Timothy ne meurt pas du VIH, que les choses soient claires", avait confié Tim Hoeffgen mardi sur le blog du militant et auteur Mark King.

"C'est magnifique d'être guéri du VIH"

En 1995, il vivait à Berlin quand il avait appris qu'il avait été contaminé par le virus. En 2006, il a été diagnostiqué d'une leucémie. Pour le soigner de la leucémie, son médecin, à l'université de Berlin, a eu recours à une greffe de cellules souches d'un donneur qui avait une mutation génétique rare lui conférant une résistance naturelle au VIH, dans l'espoir que la greffe soigne les deux maladies. Il avait fallu deux greffes, des opérations lourdes et dangereuses, mais le pari a réussi : en 2008, Timothy Ray Brown était guéri des deux maladies. L'annonce initiale avait préservé son anonymat, le désignant comme "patient de Berlin".

En 2010, il avait accepté de dévoiler son nom publiquement, et était depuis devenu une personnalité publique, s'exprimant dans des interviews et conférences. "Je suis la preuve vivante qu'il peut y avoir une guérison du sida", avait-il dit à l'AFP en 2012. "C'est magnifique d'être guéri du VIH".

Depuis, une seule autre rémission a été annoncée, en mars 2019, grâce à la même méthode, chez le "patient de Londres", qui lui aussi a révélé son identité ensuite, Adam Castillejo, et est désormais considéré guéri.

En raison de sa lourdeur et des risques (il faut préalablement supprimer le système immunitaire du receveur par chimiothérapie, afin de le "remplacer" par celui du donneur), la méthode de la greffe de cellules souches n'est pas considérée comme une voie de traitement généralisable, a fortiori aujourd'hui où les traitements antirétroviraux permettent aux personnes de vivre une vie quasi normale avec le VIH.

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