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La crise de la pilule a changé les méthodes de contraception

Selon les résultats d'une étude publiée mardi, une femme sur cinq déclare avoir changé de mode de contraception depuis fin 2012.

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France Télévisions
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Des pilules de 3e génération. La polémique sur ce type de contraceptif a débuté en décembre 2012 après la plainte d'une victime d'un AVC imputé à une pilule de 3e génération. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Elle reste la première méthode de contraception. Mais la pilule ne jouit plus de la même image depuis la polémique autour des pilules de 3e et 4e génération entamée fin 2012 après la plainte d'une victime d'un AVC imputé à une pilule de 3e génération. Une femme sur cinq déclare avoir changé de mode de contraception, selon les résultats de l'étude "Fécond" publiée mardi 13 mai. 

Menée en 2013 par l'Inserm et l'Ined auprès de plus de 4 400 femmes et 1 500 hommes, elle témoigne d'une "reconfiguration du paysage contraceptif". Le recours à la contraception orale a diminué, passant de 50% en 2010 à 41% en 2013. Les transferts vers des pilules de 2e génération ont été très faibles (22% d'utilisatrices en 2010 et 23% en 2013). A la place, les femmes ont privilégié le stérilet (+1,9 point), le préservatif (+3,2 points) et les méthodes dites "naturelles", comme le ciblage des rapports en dehors des dates de fécondabilité ou le retrait (+3,4 points).

De nouvelles inégalités

Pour Nathalie Bajos, directrice de recherche à l'Inserm et coresponsable de l'enquête, "certaines évolutions sont clairement positives : la hausse du recours à des méthodes de contraception tout aussi efficaces que la pilule comme le stérilet traduit le fait que les femmes sont plus impliquées dans leur choix de contraception". D'un autre côté, certains choix sont "contraints par les conditions économiques", ajoute-t-elle.

L'enquête montre que les femmes se trouvant dans une situation financière difficile se sont davantage détournées de la pilule au profit des méthodes naturelles, moins efficaces. "On assiste aujourd'hui à de nouvelles inégalités d'accès à la contraception, qui n'existaient pas avant 2010", souligne Nathalie Bajos. Et de conclure : "La crise économique et la polémique autour des pilules se sont conjuguées."

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