L'Assemblée nationale vote l'expérimentation des salles de shoot

Les députés ont adopté cet article controversé de la loi santé à 50 voix pour contre 25 contre.

Un héroïnomane prépare sa dose dans une salle de shoot à Berlin (Allemagne), le 5 novembre 2012.
Un héroïnomane prépare sa dose dans une salle de shoot à Berlin (Allemagne), le 5 novembre 2012. (JOHANNES EISELE / AFP)

C'était l'un des points controversés du projet de loi santé porté par Marisol Touraine. L'expérimentation de "salles de consommation de drogue à moindre risque", plus connues sous le terme de "salles de shoot", a été votée en première lecture mardi 7 avril par l'Assemblée nationale. Cinquante députés se sont prononcés pour ces tests d'une durée de six ans maximum, et vingt-quatre contre.

Ces espaces spécialisés diminuent les risques d'infection pour les toxicomanes (HIV, hépatite...), et ont fait preuve de leur efficacité en Suisse et en Allemagne. En France, certaines communes sont prêtes à mener l'expérience, au risque de conflits avec des associations de quartier, les riverains ne goûtant pas toujours ce voisinage.

"Prendre en compte des situations qui existent"

L'UMP Yannick Moreau, auteur d'une proposition de loi interdisant l'ouverture de toute "salle de shoot" signée par 105 de ses collègues, a affirmé que cette expérimentation serait "un très mauvais signal de banalisation de la drogue à l'intention de la jeunesse".

Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, l'objectif "n'est pas de banaliser, de faciliter la consommation de drogue mais de prendre en compte des situations qui existent, qu'on les supporte ou pas, qu'on les voie ou pas". Selon elle, on compte en France plus de 80 000 usagers de drogue par voie intraveineuse et 100 morts par overdose chaque année.