L'anticancéreux Avastine accroît le risque de mortalité quand il est combiné à certaines thérapies, selon une étude

Ce médicament phare du laboratoire suisse Roche fait l'objet d'une analyse de plusieurs essais cliniques, publiée mardi dans le "Journal of the American Medical Association" (JAMA).L'Avastine bloque le développement de vaisseaux sanguins nécessaires à la croissance de la tumeur cancéreuse.

Une infirmière effectue une mammographie à Putanges (Orne) dans un camion spécialisé dans le dépistage (15/05/01)
Une infirmière effectue une mammographie à Putanges (Orne) dans un camion spécialisé dans le dépistage (15/05/01) (AFP / Mychèle Daniau)

Ce médicament phare du laboratoire suisse Roche fait l'objet d'une analyse de plusieurs essais cliniques, publiée mardi dans le "Journal of the American Medical Association" ( JAMA).

L'Avastine bloque le développement de vaisseaux sanguins nécessaires à la croissance de la tumeur cancéreuse.

Ce médicament a été autorisé par la FDA (Food and Drug Administration, l'agence américaine des médicaments) en combinaison avec de la chimiothérapie pour traiter des cancers avancés du côlon, du poumon, du sein et du rein.

Bien qu'un certain nombre de décès aient été signalés chez des patients traités avec de l'Avastine, le rôle de cet anticancéreux dans ces morts n'a pas été établi avec certitude.

Le Dr Vishal Ranpura, du Stony Brook University Medical Center à New York, a conduit cette méta-analyse des résultats de 16 essais cliniques pourtant sur un total de 10.217 participants pour déterminer si l'Avastine (bevacizumab) était liée à un accroissement de la mortalité. Ces malades étaient atteints de diverses tumeurs cancéreuses à un stade avancé.

Les essais cliniques ont évalué l'Avastine seule et combinée à des chimiothérapies ou à des thérapies biologiques -substances naturelles ou synthétiques pour stimuler le système immunitaire-, ainsi que ces thérapies sans l'Avastine.

L'incidence des décès chez les malades traités avec l'Avastine seule était de 2,5%.

Or, ajouter de l'Avastine à de la chimiothérapie a multiplié par 1,5 le risque de mortalité, précisent ces chercheurs.

Cependant, ce lien varie beaucoup en fonction des agents utilisés dans la chimiothérapie et des doses d'Avastine, poursuivent-ils. Ainsi, l'Avastine utilisée avec des Taxanes comme le paclitaxel et le docétaxel ou des agents de chimiothérapie dérivés du platine a multiplié par 3,5 le risque de mortalité. En revanche, ce risque n'a pas augmenté quand l'Avastine était combinée à d'autres agents de chimiothérapie.

Les causes les plus fréquentes de mortalité ont été les hémorragies (23,5%), la neutropénie (12,2%), des perforations intestinales (7,1%), l'embolie pulmonaire (5,1%) et des accidents cérébrovasculaires (5,1%).

Les auteurs de l'analyse soulignent que le risque absolu de mortalité lié au traitement est très bas par rapport aux effets bénéfiques de l'Avastine pour prolonger la vie des malades atteints d'un cancer avancé. Ils invitent donc les médecins et les malades à être conscients du risque accru de décès lié à la combinaison de certaines chimiothérapies à l'Avastine et de surveiller étroitement l'apparition d'effets secondaires graves pour les traiter.

Dans un éditorial également publié dans le JAMA du 2 février, le Dr Daniel Hayes, de l'Université du Michigan (nord) écrit qu'une analyse détaillée des taux de réponse de l'Avastine laisse penser que cet anticancéreux est efficace mais seulement chez certains patients.

En décembre, la FDA avait annoncé le début du processus de retrait du marché de l'Avastine pour traiter le cancer du sein, en raison de son inefficacité et des risques présentés, suite aux recommandations quasi unanimes d'un groupe consultatif d'experts indépendants en juillet 2010.