Isère : un médecin grenoblois visé par une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui"

Le conseil de l'Ordre a déjà suspendu ce chirurgien spécialiste du dos pour trois ans, dont un an et demi avec sursis.

La sécurité sociale de l\'Isère avait déjà donné l\'alerte fin 2016 concernant le travail de ce chirurgien spécialisé dans les opérations du dos.
La sécurité sociale de l'Isère avait déjà donné l'alerte fin 2016 concernant le travail de ce chirurgien spécialisé dans les opérations du dos. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Un chirurgien de Grenoble (Isère) est accusé par plusieurs anciens patients d'avoir raté leurs opérations. Suspendu par le conseil de l'Ordre pour une durée de 18 mois, une enquête préliminaire pour "mise en danger d'autrui" a été ouverte à son encontre, a appris franceinfo auprès du parquet de Grenoble, confirmant une information de RTL.

Signalé par la sécurité sociale

La sécurité sociale de l'Isère avait déjà donné l'alerte fin 2016 concernant le travail de ce chirurgien spécialisé dans les opérations du dos. L'administration avait décompté 54 dossiers suspects entre 2013 et 2014. Cet alerte avait entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire fin 2016.

Le conseil national de l'ordre des médecins avait décidé, dans une décision datée du 15 janvier dernier, de suspendre le chirurgien grenoblois pour trois ans, dont un an et demi avec sursis. L'institution parlait d'"irrégularités" et de "manquements d'une extrême gravité" pour motiver sa décision. La sanction est applicable à partir du 1er mai, rapporte France Bleu Isère.

On ne peut pas détruire des vies comme cela ! Ce n'est pas possible ! Il faut qu'il arrête.Frédérique
une patiente
à France Bleu Isère

Plusieurs de ses patients décrivent des vies brisées, comme Frédérique, une habitante d'Échirolles interrogée début avril par France Bleu Isère. Opérée le jour de Noël en 2009 pour une double fracture de la cheville, le "matériel" avait cassé trois semaines après car trop grand pour son os. Après une cinquantaine d'opérations, Frédérique avait dû se faire amputer. Elle estime que c'est la faute de ce médecin et dénonce ses pratiques.

Selon son avocat qui suit le dossier d'au moins cinq patients, ce médecin est responsable d'un "scandale sanitaire". L'avocat du médecin lui dénonce "un lynchage médiatique".