"Implant Files" : le centre anti-cancer Baclesse à Caen n'implante plus de prothèses texturées

Le centre anti-cancer précise toutefois que depuis que ces implants mammaires sont posés, aucun cas suspect n'a été recensé au sein de l'établissement.

Le centre anti-cancer François Baclesse à Caen, dans le Calvados.
Le centre anti-cancer François Baclesse à Caen, dans le Calvados. (MYCHELE DANIAU / AFP)

"La décision a été prise d'arrêter de poser des prothèses texturées et de ne proposer que des prothèses lisses", a expliqué jeudi 6 décembre à France Bleu Normandie Marc-André Mahé, directeur du centre anti-cancer François Baclesse à Caen. Une décision prise après les révélations des "Implant Files". Le Consortium international de journalistes d'investigation, dont ceux de Radio France, a notamment révélé la facilité avec laquelle les fabricants pouvaient obtenir le droit de commercialiser des dispositifs médicaux.

"C'est la première étape en attendant les recommandations de l'Agence nationale de sécurité du médicament au printemps", explique le directeur. "Plusieurs patientes se sont manifestées" après les révélations des "Implant Files", explique-t-il. "Elles ont toutes été rassurées et informées du risque qui existe : un risque de lymphome pour 53 personnes sur les 500 000 femmes qui ont été implantées en France" constate Marc-André Mahé. "Ce n'est pas évident qu'il y ait un lien entre ces prothèses et le risque de lymphome, mais il faut le prendre en compte et nous avons pris les mesures préventives nécessaires", relativise le directeur.

Aucun cas suspect recensé à Caen

"Certaines ont demandé à être vues en consultation même si elles n'avaient pas de signes particuliers", explique Marie Yolande Louis, chirurgien plastique et reconstruction. Elle veut les rassurer : "Il n'y a pas lieu, ni de retirer la prothèse, ni d'avancer la consultation de surveillance, ni de faire des examens complémentaires. Sauf si la personne présente des signes cliniques particuliers sur le sein concerné par la prothèse."

Depuis dix ans que ces implants sont posés à Baclesse, elle ne recense aucun cas suspect. "On pose entre 130 et 150 prothèses par an, on revoit régulièrement les dames en consultation, il n'y a pas de signe inquiétant. Rien de suspect non plus quand on fait des prélèvements chaque fois qu'on retire une prothèse." 

Il s'agit des prothèses de la marque Allergan, dont l'aspect texturé, un peu granuleux, a été préféré jusqu'à présent aux implants lisses car elles ont moins de risques de bouger.