Une femme sur cinq a déjà été confrontée à la précarité menstruelle, selon une étude

Près de la moitié des personnes sondées avoue ne pas savoir exactement ce dont il s'agit, si l'on en croit une étude menée par OpinonWay pour l'association Règles Élémentaires.

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Radio France
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Des protections hygiéniques. (MAXPPP)

Une femme sur cinq a déjà été confrontée à la précarité menstruelle, considérée comme un sujet de santé publique par les trois quarts des Français. C'est ce qui ressort d'une étude OpinonWay pour l'association Règles Élémentaires que dévoile franceinfo vendredi 28 mai à l'occasion de la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle.

 Selon cette étude, 20% des femmes affirment avoir déjà été confrontées, directement ou indirectement, à la précarité menstruelle. 11% l'ont vécue personnellement et 10% déclarent connaître quelqu'un de leur entourage qui a déjà été dans cette situation. 70% des personnes interrogées ont déjà entendu parler de la précarité menstruelle. Mais seulement près de la moitié des sondés (47%) sait précisément de quoi il s'agit.

Encore un sujet tabou

 Si la plupart des Français et des Françaises ont entendu parler des règles pour la première fois à la puberté (42%) ou avant la puberté (35%), seulement 43% affirment avoir reçu un enseignement formel sur le sujet, principalement dans le cadre scolaire. L'étude montre par ailleurs que les règles restent un sujet assez tabou dans la société, pour 57% des personnes interrogées. Mais au sein de la cellule familiale, la question est plus facile à aborder. Pour près des trois quarts des Français (72%), le sujet n'est pas tabou en famille. Selon ce baromètre, la précarité menstruelle est un sujet de santé publique pour les trois quarts des Français (76%). Mais pour autant, le rôle des pouvoirs publics est jugé insuffisant par 61% des personnes interrogées.

Les Français favorables aux protections gratuites

 Pour lutter contre cette précarité, près de neuf Français sur dix (86%) sont favorables à la mise à disposition de protections d'hygiène intime gratuites pour les personnes dans le besoin. Les trois quarts des personnes interrogées (76%) souhaitent qu'elles soient accessibles dans toutes les structures publiques. 70% sont mêmes favorables à ce que des distributeurs soient installés dans la rue et dans les transports.

 L'enquête s'attarde encore au monde de l'entreprise où le sujet des règles reste tabou pour près de sept Français sur dix (68%). 71% des actifs assurent qu'il n'y a jamais eu de produits d'hygiène intime disponible sur leur lieux de travail. Pourtant, une femme sur cinq (21%) a déjà manqué son travail à cause de ses règles et plus d'un quart (27%) connaît d'une femme de son entourage à qui cela est arrivé. Les trois quarts des personnes interrogées (73%) sont donc pleinement favorables à la mise à disposition de protections gratuites dans les entreprises.

"On a 44% des Françaises qui nous disent avoir été confrontées à de l'absentéisme au travail à cause de leurs règles, indique ainsi Tara Heuzé-Sarmini, fondatrice et directrice générale de l’association Règles-élémentaires. Plus de 70% des personnes interrogées qui souhaiteraient la mise à disposition de protections d'hygiène intime sur leur lieu de travail."

"C'est vraiment des chiffres très forts et c'est important que tous les chefs d'entreprise qui nous écoutent s'emparent de ce sujet pour créer un environnement de travail plus accueillant et sans tabou."

Tara Heuzé-Sarmini

à franceinfo

Plus largement, le sujet des règles et des maladies ou troubles liés au cycle menstruel doit être pris en charge par les autorités de santé. C'est l'opinion de 68% des sondés. 48% estime que c'est le rôle de la médecine du travail et un quart (23%) des associations spécialisées.

Règles élémentaires est la première association française de lutte contre la précarité menstruelle. Créée en 2015, elle a collecté plus de cinq millions de produits d'hygiène intime qui ont bénéficié à plus de 115 000 femmes. Cette étude OpinionWay pour l'association Règles Élémentaires a été réalisée par Internet du 20 au 26 avril 2021 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes de la population française âgée de 18 ans et plus. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 1,5 à 3 points au plus pour un échantillon de 1 000 personnes.

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