Vidéo Primes Covid : des infirmiers marseillais priés de rembourser une partie de leur salaire

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L'oeil du 20 heures - 19 mai 2022
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France Télévisions

En pleine épidémie, en décembre 2021, le ministre de la santé annonçait que les heures supplémentaires des infirmiers, sage-femmes et paramédicaux seraient payées double. Mais à Marseille, ça ne s'est pas tout à fait passé comme prévu. 

Pour remobiliser les soignants après des mois de crise Covid, Olivier Véran avait promis un geste financier. “On va doubler le tarif des heures supplémentaires. On espère que cette mesure de ressources humaines sera une motivation supplémentaire pour aller chercher le surplus d'énergie nécessaire,” déclarait-il au micro de France Inter le 18 décembre. Mais à Marseille, 400 soignants sont priés de rendre ces primes après les avoir touchées.

Ils sont infirmiers de bloc opératoire et témoignent à visage caché car ils sont soumis au devoir de réserve. En avril, ils ont appris par courriel qu’ils avaient bénéficié d’un "trop perçu". L’une doit rembourser 2200 euros, un autre 900, un autre encore 2400 euros. “C’est la panique ! Quand on ouvre un courrier avec des sommes pareilles, on se demande comment on va pouvoir les rembourser, comment on va tenir le budget le mois suivant.”

En cause : les heures supplémentaires réalisées pendant des astreintes de nuit ou de week-end. Elles leur ont été payées double, comme l’avait annoncé le ministre de la santé… mais vont maintenant leur être retirées. “On est en colère, parce qu’on se dit : ‘enfin l’Etat a reconnu la pénibilité de notre travail’, et finalement ce n’est pas reconnu pour tout le monde et on nous l’enlève,” s’exaspère une infirmière. “C’est une pure trahison, et c’est un mépris total envers le personnel paramédical qui fait tourner les blocs opératoires 24 heures sur 24,” ajoute un de ses collègues.

Selon la direction des Hôpitaux de Marseille, ces agents n’auraient jamais été éligibles au doublement des heures supplémentaires sur leurs périodes d’astreintes. Les sommes versées doivent donc être restituées. “On comprend très bien à quel point c’est douloureux d’avoir une paye qui s’avère erronée et qu’il faut rembourser, pour une Direction des ressources humaines c’est la catastrophe d’avoir une paye qui n’est pas fiable," regrette la DRH.

"Ce qui s‘est passé ici, c’est un bug informatique et une confusion avec la majoration des heures supplémentaires, qui ne s’appliquait pas aux astreintes."

Elisabeth Coulomb, Directrice des ressources humaines à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM)

à L'œil du 20 heures

Pourtant, d’autres hôpitaux affirment le contraire. Comme le CHU de Grenoble, qui nous confirme avoir payé à son personnel ces primes, que les hôpitaux de Marseille disent, eux, avoir versé par erreur. Un deux poids, deux mesures qui passe mal pour la CGT : “nous sommes tous fonctionnaires, il ne doit pas y avoir de distingo entre l’AP-HM, le Centre Hospitalier d'Aix et le CHU de Grenoble… et c’est ce qui se passe à l’heure actuelle." 

Interrogé sur ces disparités entre établissements dans la politique de paiement des heures supplémentaires, le ministère de la santé ne nous a pas répondu. A Marseille, certains infirmiers ont déjà vu leur paye d’avril amputée de plusieurs centaines d’euros.

Parmi nos sources :

Décret du 16 mars 2021 sur la majoration des heures supplémentaires des soignants

Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille

Liste non exhaustive.

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