Réforme des soins hospitaliers : "Si rien n'est fait, l'hôpital va dans le mur"

Rachel Bocher, présidente de l’intersyndicale des praticiens hospitaliers, a expliqué, mardi sur franceinfo, que le principal problème dans les hôpitaux était de l'ordre financier alors que le gouvernement dévoile ses priorités pour transformer le système de santé.

Le gouvernement dévoile, mardi 13 février 2018, ses priorités pour la \"transformation du système de santé\". (Photo d\'illustration)
Le gouvernement dévoile, mardi 13 février 2018, ses priorités pour la "transformation du système de santé". (Photo d'illustration) (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le gouvernement dévoile, mardi 13 février, ses priorités pour la "transformation du système de santé". Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn vont ouvrir cinq chantiers qui détermineront les grandes lignes de la réforme des soins hospitaliers. Rachel Bocher, présidente de l’intersyndicale des praticiens hospitaliers, la principale organisation de médecins du secteur, a souhaité, mardi matin sur franceinfo, que le gouvernement "passe aux actes" car "l'hôpital va dans le mur".

L'hôpital public est en souffrance. Pour Rachel Bocher, "il faut absolument avoir une vision d'ensemble et ne pas rester seulement sur la réforme du financement". Selon la présidente de l’intersyndicale des praticiens hospitaliers, l'hôpital est aujourd'hui "au début d'une nouvelle étape face aux différentes transitions numériques et ambulatoires".

Au-delà du constat, on passe aux actes. C'est vrai, on a une crise chronique. Si rien n'est fait, l'hôpital va dans le mur. Arrêtons les constatsRachel Bocherà franceinfo

Rachel Bocher réclame des moyens pour l'hôpital qui est sur tous les fronts : "Le soin, c'est d'abord de l'humain. On a d'abord un problème de moyens. Il faut le dire simplement. En 10 ans, les déficits d'exploitation ont triplé et les investissements ont diminué. Les déficits s'élèvent en 2017 à 1,7 milliard d'euros, et en 2018 on nous réclame 1,6 milliard supplémentaires."

"On peut ouvrir de grands chantiers. On est d'accord sur la tarification, sur la formation, sur la gouvernance et sur l'accès aux soins, mais n'oublions pas que l'hôpital, parce qu'il est le cœur battant du système de santé, fait face à d'immenses besoins 365 jours sur 365 et 24h/24. Il fait face à tout : les soins, la recherche, l'accueil, les urgences, les catastrophes", a rappelé Rachel Bocher.