Pour alerter sur le manque de lits, les urgentistes français lancent le "No bed challenge"

Selon un décompte réalisé par les urgentistes et arrêté au 9 mars, 15 000 patients auraient passé la nuit sur un brancard aux urgences depuis le début de l'année. 

Un patient dans le service d\'urgence de Francheville, près de Lyon (photo d\'illustration).
Un patient dans le service d'urgence de Francheville, près de Lyon (photo d'illustration). (BURGER / PHANIE)

Les urgentistes ont lancé un alarmant concours. Pour dénoncer le manque de lits dans les établissements hospitaliers français, ils ont lancé au mois de janvier le "No bed challenge", sorte de compétitions permettant de recenser chaque jour le nombre de patients qui ont passé la nuit sur un brancard, faute de lit, rapporte Sud Ouest, mercredi 14 mars. Ce défi doit permettre "d’identifier et de mettre en avant les établissements qui ont réellement pris en compte l’aval des Urgences (il y en a !) et surtout ceux qui restent passifs dans la situation inacceptable actuelle", explique le site Samu-urgence de France

Le bonnet d'âne pour un hôpital de Bourges

Chaque matin, les médecins se chargent de compter les patients sans lit avant de publier ces chiffres sur internet. Ainsi, depuis le mois de janvier, ils en ont compté 15 000. S'agissant de la nuit du 13 au 14 mars, ils ont ainsi recensé 287 personnes contraintes de dormir sur un brancard en France.

Le classement, qui identifie les "bons" et "mauvais" élèves avec un système de gommettes allant du noir (plus de 8 patients sur des brancards) au vert (aucun), est mis à jour quotidiennement. Un classement des dix "meilleurs" ainsi que des "plus mauvais" établissements est publié chaque semaine et chaque mois. Le "bad" (mauvais) du mois de mars est ainsi décerné au service des urgences du centre hospitalier Jacques-Cœur, à Bourges (Cher). Le "gagnant", donc celui qui a eu le moins de problèmes de lits manquants, est le service des urgences adulte du groupe hospitalier Sud Réunion, à Saint-Pierre (La Réunion).