Poitou : une mère apprend cinq ans plus tard que son bébé est mort à cause d'une erreur médicale

Une mère vient d'apprendre que son nourrisson était mort, après sa naissance, à cause d'une erreur médicale, commise au CHU de Poitiers. A l'époque, une information judiciaire avait été ouverte, mais elle n'avait jamais été mise au courant.

Entrée du CHU de Poitiers (illustration).
Entrée du CHU de Poitiers (illustration). (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Une mère de 24 ans vient d'apprendre cinq ans après la mort de son nourrisson qu'une erreur médicale, un surdosage en potassium, était à l'origine du décès, rapporte France Bleu Poitou mardi 21 mai. Elle vient d'apprendre également qu'une information judiciaire avait été ouverte à l'époque des faits, mais n'a jamais eu de nouvelles jusqu'ici de la justice ni de l'avancée de l'enquête.

Le 13 juin 2014, Cindy accouche d'une petite fille trois mois avant le terme, au CHU de Poitiers. Tout se passe correctement jusqu'à ce qu'une erreur soit commise. Pour alimenter ce nourrisson d'à peine 900 grammes, on l'avait relié à une poche dans laquelle une infirmière injecte par erreur dix fois la dose de potassium requise. Réanimée, le bébé mourra quelques heures plus tard. La maman n'aura quasiment aucun détail sur le moment, et quand elle quittera l’hôpital peu après, plus aucune nouvelle de l'hôpital ni de la justice.

L'erreur médicale avérée

Pourtant une enquête est aussitôt ouverte par le parquet à la suite d'un signalement fait par le CHU. Très vite, l'erreur médicale est avérée et une information judiciaire ouverte. Mais cela, Cindy ne va le découvrir que cinq ans plus tard lorsqu'elle fait appel à un avocat.

"Aucun acte d'instruction n'a été fait en cinq ans" et aucune démarche n’a été entreprise en direction de sa cliente, confirme Me François Gaborit. Contactée par l'avocat, la justice aurait regretté cette situation.

À nouveau enceinte d'une petite fille, Cindy dit avoir peur de l'accouchement. "C'est une petite fille donc j'ai peur. J'ai eu peur pour mon fils (âgé de trois ans) mais là j'ai encore plus peur pour ma fille", confie la jeune maman à France Bleu Poitou.