Manque de personnel : des chefs de service de pédiatrie tirent la sonnette d'alarme

Des chefs de services de pédiatrie d’Ile-de-France s’inquiètent d’un manque d’internes dans les hôpitaux les plus éloignés de la capitale. Et craignent une crise sanitaire.

Manque de personnel : des chefs de service de pédiatrie tirent la sonnette d\'alarme
Manque de personnel : des chefs de service de pédiatrie tirent la sonnette d'alarme

Plus d'une vingtaine de chefs de services de pédiatrie d'Ile-de-France s'alarment mercredi 16 octobre du manque d'internes de médecine générale auquel ils risquent de faire face cet hiver, craignant que cela ne débouche sur "une crise sanitaire" et une "catastrophe annoncée".

Mauvaise répartition des internes dans les établissements de la région

"A la suite d'ouvertures de postes décidées sans concertation avec les représentants des services de pédiatrie d'Ile-de-France, la répartition des internes de médecine générale dans les différents services de pédiatrie de la région s'est faite sans tenir compte des besoins des hôpitaux, notamment ceux les plus éloignés du centre de Paris", expliquent-ils dans un communiqué.

"Beaucoup de stages ont été ouverts à Paris et dans la petite couronne, où les internes se sont répartis", délaissant les hôpitaux de la grande couronne, a expliqué à l'AFP le Dr Sébastien Rouget, chef du service de pédiatrie du centre hospitalier sud-francilien de Corbeil-Essonnes, pour qui "la situation est critique".

Des ruptures de prise en charge aux urgences à prévoir dès novembre

Selon le communiqué, la situation laisse "168 postes d'interne de médecine générale non pourvus dans des services de pédiatrie alors que le semestre d'hiver est le plus chargé en raison des épidémies hivernales (bronchiolites, grippes, gastro-entérites)".

Or, ces services sont "déjà pénalisés par le manque de pédiatres dû à une démographie défavorable et au manque d'attractivité des carrières hospitalières". En conséquence, "plusieurs services ne seront pas en mesure d'assurer l'accueil des urgences pédiatriques 24h/24 à partir du 4 novembre", écrivent les chefs de services concernés.

Ils en appellent à la responsabilité du gouvernement, et en particulier à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour "trouver une solution rapide à cette crise sans précédent".

L’ARS reconnaît un "manque d’adéquation" 

Dans un communiqué séparé, l'Agence régionale de Santé (ARS) d'Ile-de-France reconnaît que "les résultats de la procédure de choix des internes de médecine générale pour le semestre d'hiver 2019 ont conduit à une légère réduction du nombre d'internes ayant choisi d'effectuer leur stage dans un service de pédiatrie, mais surtout à une répartition de ces 159 internes qui n'est pas en adéquation avec les besoins de fonctionnement" de ces services.

Cela va "conduire à des tensions fortes dans certains services déjà largement sollicités", poursuit l'ARS qui assure suivre "avec beaucoup de vigilance ce dossier" et promet de mettre tout en œuvre "pour assurer la meilleure couverture de soins pédiatriques" en Ile-de-France l'hiver prochain.

"Chacun devra prendre sa part de responsabilité", indique-t-on à l'ARS, "les établissement très bien dotés" pouvant notamment "inciter les internes à faire des gardes dans d'autres établissements".