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Hôpitaux : comment mieux gérer les lits à la sortie des urgences ?

Un rapport a été remis ce lundi à Marisol Touraine, qui propose une série de recommandations pour éviter un engorgement des services des hôpitaux. La ministre de la Santé en a profité pour annoncer des mesures dès cet hiver pour répondre au problème.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Maxppp)

En France,
la plupart des 600 hôpitaux ont un problème pour gérer "l'après-urgences".
Autrement dit, les personnes qui, après un passage aux urgences, doivent être
hospitalisées. Les hôpitaux sont en général saturés et il est difficile de
trouver un lit pour les nouveaux patients. Ce lundi, le Conseil national de l'urgence
hospitalière (CNUH), a remis un rapport à ce sujet à la ministre de la Santé,
Marisol Touraine.

L'aval

Le point
mis en exergue, explique l'un des auteurs du rapport, Pierre Carli, président
du CNUH, "c'est l'aval ". C'est-à-dire, comment hospitaliser mieux et plus vite  les gens qui attendent aux urgences. Le professeur Carlo
préconise de "créer des conjonctions entre le service d'urgence et tout
le reste de l'hôpital [où se trouvent les lits]
".

Il imagine également
des moyens pour gagner du temps : au lieu de faire attendre les gens qui
sortent de l'hôpital dans leur chambre, "on les fait attendre dans un
salon. Cela permet de rapidement refaire la chambre et immédiatement
prendre un patient qui attend sur un brancard dans les urgences
".

Solution
à la carte

Après
avoir reçu ce rapport, Marisol Touraine a annoncé des mesures, effectives dès
cet hiver. Elle s'est appuyée pour cela sur une étude des Agences régionales de
santé (ARS) qui ont été chargées en mai dernier de repérer tous les services d'urgences
où il y avait des risques de "tensions" : manque de personnel,
difficultés de recrutement ou vétusté des locaux.

Partant de ce constat, des solutions ont été proposées à la
carte, pour chaque établissement concerné, selon le problème rencontré. La ministre s'est engagée selon les cas à accélérer les travaux, à mettre en place
des plans de recrutement prioritaires ou à ouvrir des lits dédiés aux urgences
dans certains services hospitaliers. Par ailleurs des équipes territoriales
d'urgentistes seront disponibles, elles pourront intervenir ponctuellement si
un problème imprévu engorge un service d'urgence. 

Des "gestionnaires
de lits"

Pour
répondre le problème de la sortie des urgences, Marisol Touraine a également annoncé une
mesure spécifique. Un programme de "gestionnaires de lits d'aval ". Ces personnes feront le
lien entre les besoins des urgences et les possibilités d'accueil des services.
Jusqu'à présent, ce sont les urgentistes qui s'en occupaient, et cela leur
prenait beaucoup de temps.

Ces
nouveaux postes entraîneront une nouvelle organisation qui prendra du temps.
Ils concerneront 162 hôpitaux sur 600 français. Les urgentistes
approuvent l'idée mais ils trouvent qu'elle va trop lentement et qu'elle n'est "pas
suffisamment large
" . Ils confirment donc leur mouvement de grève qui
débutera le 15 octobre. 

 

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